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Bourreau du groupe Etat islamique: qui est Mickaël Dos Santos?

Photo de Mickaël Dos Santos

Photo de Mickaël Dos Santos - AL-FURQAN MEDIA / AFP

Né à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), d'origine portugaise mais naturalisé français en 2009, Mickaël Dos Santos a adopté le nom de guerre d'Abou Uthman. Il a rejoint la Syrie en août 2013 et ce mercredi le Parquet de Paris a confirmé que des "indices précis et concordants" avaient permis de l'identifier comme étant l'un des bourreaux du groupe jihadiste Etat islamique.

Après le Normand Maxime Hauchard, un autre jeune Français de 22 ans converti à l'islam, a été identifié comme étant un des bourreaux du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Il s'agit de Mickaël Dos Santos, originaire de la région parisienne, et dont le parquet de Paris a confirmé dans la soirée que des "indices précis et concordants" avaient permis de l'identifier sur la vidéo diffusée dimanche par EI mettant en scène la mise à mort par décapitation de 18 prisonniers syriens et de l'otage américain Peter Kassig.

"L'homme concerné est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux", a déclaré, sans le nommer, le Premier ministre Manuel Valls. Mais qui est donc ce jeune homme qui apparaît, selon les premières informations, le regard sombre, le bas du visage mangé par une barbe épaisse ?

Un ado normal et discret, "un danseur de tecktonik"

Né à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en janvier 1992, d'origine portugaise mais naturalisé français en 2009, il a grandi au quatrième et dernier étage d'une petite barre d'immeubles sur les bords de Marne. Il y vivait avec ses parents, catholiques pratiquants, et ses deux jeunes frères. Une famille tranquille et sans histoire et une vie d'adolescent tout ce qu'il y a de plus banal comme le confirme l'un de ses proches à RMC : "Il allait à l'école, il disait bonjour à tout le monde. C'était un dragueur… Un danseur de tecktonik… Un mec normal quoi".

Un ado normal et discret qui joue au football, fait partie d'un club (St Maur puis Vincennes). Il évolue au poste de défenseur central et est "plutôt doué" à en croire ses entraîneurs. A la maison, les parents sont très vigilants sur l’éducation de leurs enfants. Après le collège, Mickael entre dans un lycée professionnel. Mais en 2009, à 17 ans et alors qu'il est en terminale, le jeune homme change. Il se convertit à l’islam, rate son bac, n’adresse plus à la parole à ses amis d’enfance, ne regarde plus les filles, ne leur parle même plus.

"On ne le voyait plus"

"Avant c'était école, ami et maison et après c'est devenu maison et mosquée. Il priait matin, midi et soir et traînait entre 'frères musulmans'. Il se levait à quatre heures du matin pour aller à la mosquée à cinq heures. On ne le voyait plus " se souvient pour RMC un de ses amis d'enfance Il arrête aussi le foot et change d'apparence. "Il avait une grosse barbe, laissait pousser ses cheveux, s'habillait tout le temps en djellaba. Pour un jeune qui ne s'était jamais habillé comme cela avant, on s'est tout de suite dit qu'il tombait dans les extrêmes" poursuit ce proche.

Des propos confirmés par David, un autre ami d'enfance de Mickaël : "Il a laissé pousser la barbe, portait la djellaba et devenait de plus en plus discret. C'était un sportif et du jour au lendemain il a arrêté. Il prenait moins le temps de parler aux gens. Avant il était plus joyeux, souriant mais la fin, quand on se voyait on se disait bonjour et puis c'est tout".

Départ en Syrie en août 2013

A ce moment-là, les parents de Mickaël, décrit par l'entourage comme "un peu sévères", ayant tendance "à serrer la vis", tentent de maintenir le contact avec leur fils. Mais il n'y arrive pas, Mickaël ne leur adresse presque plus la parole. C'est pourquoi en 2011, ils décident de le signaler à la police. Ce qui n'empêche pas Mickaël de continuer à se renfermer. Il ne fait plus qu'une seule chose : prier. Il se rend cinq fois par jour à la mosquée de Villiers-sur-Marne à dix kilomètres du domicile parental. Mais, sur place, il n'éveille aucun soupçon.

"Il était calme, faisait sa prière comme tout le monde" assure, dans Bourdin Direct, un fidèle de la mosquée. Finalement, en août 2013, alors que sa famille est en vacances au Portugal, Mickaël quitte Champigny et se rend en Syrie en passant par la Turquie. Là-bas, le jeune homme rejoint le groupe Etat islamique et adopte le nom de guerre d'Abou Uthman et fait rapidement figure de combattant exemplaire. Il est notamment très présent sur les réseaux sociaux qu'il utilise à des fins de prosélytisme. Il laisse en effet des centaines de messages sur plusieurs comptes Twitter. Des messages, mais aussi des photos particulièrement violentes. On y voit des femmes et des hommes décapités et à chaque fois, des appels à rejoindre les rangs de l'Etat islamique.

Maxime Ricard avec Marie Régnier