RMC

Canicule: pour les ouvriers du bâtiment, "c'est l'enfer"

-

- - AFP

Alors que 40 départements sont placés en vigilance orange canicule, ceux qui souffrent le plus de ces températures tropicales sont certainement les ouvriers du bâtiment.

La canicule s'installe en France. Le pays s'apprête à affronter mercredi de nouvelles températures record après celles enregistrées mardi: 38° à Limoges, 37° à Nantes et des pics à plus de 40° en Gironde. Au total, ce mercredi matin, 40 départements sont toujours placés en vigilance orange par Météo France. Mais face à ces fortes chaleurs, les entreprises qui emploient des travailleurs en plein air doivent s'adapter. Et ceux qui souffrent le plus sont certainement les ouvriers du bâtiment comme a pu le constater RMC.

"On a du mal à travailler"

Sur le chantier d'une toiture d'immeuble, en plein cœur de Paris, après avoir grimpé les cinq étages d'un échafaudage et s'être installés sous une grande bâche blanche, Dominique et ses collègues se retrouvent "dans un four". "Le pire, c'est le bâchage installé au-dessus de nos têtes, assure Dominique. On a du mal à travailler. Les matériaux, le zinc… tout est chaud. A peine on touche aux outils que l'on se brûle les mains. C'est l'enfer".

En quelques minutes à peine, les gouttes de sueur commencent à perler. Alors on s'adapte. "Pour des raisons de sécurité, on n'a pas le droit de se mettre en short, ni d'être torse nu. Alors, si on a vraiment trop chaud, on redescend dans les étages inférieurs. On perd facilement de 10 à 15 degrés. On y reste 5-10 minutes, histoire de faire baisser la température du corps sinon on ne tient pas", explique l'un des ouvriers. Un autre ajoute en rigolant: "De temps en temps, on prend une bouteille d'eau, on s'arrose, on s'amuse pour se rafraîchir. C'est limite si on ne met pas la tête dans le seau d'eau…"

"Des délais à respecter"

Et pour boire de l'eau fraîche, une seule solution: redescendre les 5 étages: "On a un petit réfectoire avec un frigidaire dans lequel on laisse nos bouteilles". Ces ouvriers travaillent de 8h à 16h, avec une pause à midi. En effet, il leur est impossible de commencer plus tôt en raison des nuisances pour les riverains. Impossible non plus de s'arrêter avant comme le souligne Dominique: "On a des délais à respecter et si on arrête plus tôt, à la fin il y a des pénalités pour l'employeur. Et ça on ne peut pas se le permettre".

Alors que les températures devraient rester très élevées encore quelques jours, Dominique et ses collègues ne vont donc pas s'arrêter de travailler pour autant: la fin du chantier est prévue pour la fin du mois d'août.

Maxime Ricard avec Amélie Rosique