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Caricatures: après ses propos sur RMC, le président du CFCM reconnaît une "maladresse"

DOCUMENT RMC - Invité d'Apolline de Malherbe, Mohammed Moussaoui a jugé que "nous pouvons renoncer à certains droits", comme le droit de caricaturer le prophète Mahomet "dans des postures dégradantes".

Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, qui a suscité la polémique en appelant mardi à "encadrer" l'utilisation dans l'enseignement des caricatures de Mahomet, est revenu mercredi sur ses propos, déplorant une "maladresse".

"J'ai évoqué, avec maladresse je le reconnais, un possible renoncement à certaines formes de satire en invoquant le devoir de la fraternité", écrit Mohammed Moussaoui dans un communiqué. "Je n'avais pas mesuré le lien qui en sera fait avec le sentiment d'abdication face aux terroristes", ajoute M. Moussaoui.

Au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, ce professeur des Yvelines décapité par un islamiste après avoir montré ces caricatures à ses élèves, le CFCM avait annoncé travailler à l'élaboration d'un "programme commun de formation des imams" et d'un "plan de lutte" contre le radicalisme.

Interrogé mardi sur RMC, Mohammed Moussaoui avait expliqué qu"’il faut savoir renoncer à certains droits, pas pour plaire à certains extrémistes mais pour respecter le droit de caricaturer sans offenser pour que la fraternité puisse s’exprimer. Je pense notamment au droit de caricaturer le prophète de l’Islam Mahomet dans des postures dégradantes", a-t-il plaidé évoquant l'une des caricatures montrée par Samuel Paty qui représentait le prophète de l'Islam agenouillé et nu avec une étoile à la place de l'anus, sous le titre "Une étoile est née".
"Je n’appelle pas à l’interdiction mais il y a une manière de faire et un encadrement de ce droit qui existe. Il faut tenir compte du contexte dans lequel ce droit s’exerce", a précisé Mohammed Moussaoui.

Ces caricatures ont été diffusées dans le cadre d'hommages à Samuel Paty, et des initiatives mentionnant la diffusion de ces caricatures lors de la rentrée scolaire le 2 novembre sont évoquées. 

"J'ai rappelé que ces caricatures ne sont pas et ne doivent pas être le seul support pédagogique pour illustrer la liberté d'expression", indique mercredi le président du CFCM, principal interlocuteur du gouvernement sur l'islam.

"Les musulmans de France", précise-t-il, "doivent faire confiance au sens de responsabilité des enseignants et des institutions éducatives. Face aux élèves, ils sauront trouver les mots et les gestes appropriés". "Au droit de caricaturer", écrit-il, "opposons le devoir d'ignorer et cessons de répondre ou de réagir à ce type d'expression". 

La rédaction de RMC (avec AFP)