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Ce que pensent les enfants des cahiers de vacances

TEMOIGNAGES – En tête de gondole dans les supermarchés, leurs prix varient entre 5 et 8 euros. Ils vont, à coup sûr, cette année encore, être dans le top des ventes. De quoi parle-t-on? Du traditionnel cahier de vacances. Rempli avec plaisir par les uns ou comme une corvée pour les autres, il ne laisse personne indifférent.

Ce mardi, les vacances d'été ont débuté. Et, déjà, les cahiers de vacances sont de sortie. Problèmes de maths, grilles de mots croisés et énigmes... chaque année, quatre millions d'exemplaires environ sont vendus en France pour 25 millions d'euros de chiffre d'affaires (en 2014). Mais, chez les enfants, il y a deux écoles: les pro et les anti-cahiers de vacances. Dans le camp de ces derniers, Julien, 9 ans. "Je vais commencer demain mais, sincèrement, je ne suis pas très partant pour faire des exercices, assure-t-il à RMC. Je préférerais rester tranquille pendant les vacances".

"Je n'ai pas beaucoup envie mais quand on a fini on se sent débarrassé et on se dit qu'on est tranquille pour la journée", ajoute-t-il. Julien fera donc un exercice par jour pendant deux mois et c'est Jackie, sa grand-mère, qui l'aidera. "C'est très positif, confie-t-elle. Cela lui permet de réviser, de ne pas perdre la mémoire du travail qu'il a fait dans l'année. Il révise et garde ainsi un peu le contact avec les études".

"Important pour avoir une bonne moyenne"

Garder le contact avec l'école, être prêt pour la rentrée scolaire, c'est la principale préoccupation d'Aaron, 11 ans: "C'est important de travailler afin d'être prêt pour l'année prochaine et ne pas être déscolarisé". Et son ami Valentin d'acquiescer: "C'est important pour avoir une bonne moyenne, pour que notre mère nous applaudisse". Des enfants qui craignent le décrochage scolaire ou plutôt des parents qui ont besoin d'être rassurés? Quoi qu'il en soit, Isabelle Mailleau, psychologue du travail, déconseille fortement les cahiers de vacances.

"Je ne vois pas trop ce que ça peut apporter, explique-t-elle. Il y a une espèce de compulsion d'achat en étant rassuré, en se disant que c'est les vacances mais que son cerveau va continuer à être occupé. Or, il peut être occupé autrement. On risque vraiment de le dégoûter du travail, de la joie de faire, d'apprendre et de découvrir". "Cela reste quand même du travail scolaire ! Il faudrait donc inventer des cahiers de vacances qui soient vraiment des vacances et pas de l'addition ou de la soustraction déguisées, poursuit-elle. Est-ce que les parents emmènent des dossiers en vacances? Non, ils ont aussi envie de souffler".

M.R avec Romain Poisot