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Cellule psychologique à Saint-Etienne-du-Rouvray: "Ça me travaille à mort… Il faut que je parle"

Trois jours après l'attentat, la cellule psychologique ne désemplit pas

Trois jours après l'attentat, la cellule psychologique ne désemplit pas - AFP

REPORTAGE - A Saint-Etienne du Rouvray, une cellule psychologique a été ouverte à la mairie le jour de l'attentat contre l'église. Trois jours après les faits, les habitants de la ville sont toujours traumatisés par cette attaque et continuent de se rendre en masse dans cette cellule.

Dans sa supérette, juste devant l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, là même où une attaque terroriste a causé, mardi, la mort du père Jacques Hamel, Youssef n'a repris le travail que ce vendredi matin. L'attentat, il l'a observé derrière le rideau du magasin. Aujourd'hui, comme il le confie à RMC, il a besoin de consulter un psychiatre. "Je pense que je vais y aller parce que je n'arrête pas de me retourner la chose dans tous les sens, explique-t-il. J'ai vu le RAID arriver… Ce que je voyais à la télé, en fin de compte je le voyais en bas de chez de moi".

Et il l'assure: "Ça me travaille à mort. J'ai peur. Je suis inquiet parce que tout le monde est visé. Il faut que je parle à quelqu'un. Je pense que ça me fera du bien". Youssef est loin d'être un cas isolé parmi les habitants de Saint-Etienne-du-Rouvray. Preuve en est, trois jours après les faits, la cellule psychologique, installée dans la mairie, ne désemplit pas. Sous le choc, traumatisés par ce qu'ils ont vécu, ils sont pris en charge par le psychiatre Gaël Fouldrin.

"On voit beaucoup de pleurs, d'employés communaux qui s'inquiètent de leur sécurité, explique-t-il. On a aussi beaucoup de questions comme 'Croyez-vous que cela va faire naître des tensions entre les communautés?' Tout cela est très angoissant". Autant de questions et d'angoisses qu'il faut verbaliser assure le médecin psychiatre: "Je crois qu'il ne faut pas hésiter à partir du moment où l'on est anxieux face à cela, où l'on est triste. Il faut venir parler, ne pas avoir peur".

Maxime Ricard avec Romain Poisot