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Chauffeur UberPOP condamné à Toulouse: "On m'a brisé"

Cette condamnation devrait réjouir les chauffeurs de taxi, partis en guerre contre Uber et ses services

Cette condamnation devrait réjouir les chauffeurs de taxi, partis en guerre contre Uber et ses services - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Un chauffeur UberPop a été condamné ce mercredi à 1000 euros d'amende et deux mois de suspension du permis de conduire par le tribunal correctionnel de Toulouse pour exercice illégal de la profession de taxi. Il s'exprime ce jeudi sur RMC.

Alors que le conflit entre taxis et UberPOP n'en finit plus de s'enliser, un chauffeur UberPOP a été condamné ce mercredi pour exercice illégal de la profession de taxi par le tribunal correctionnel de Toulouse. Il a écopé d'une amende de 1 000 euros et de deux mois de suspension de permis. Ce chauffeur avait été interpellé le 27 mai à l'aéroport de Toulouse-Blagnac par la police de l'air et des frontières, alors qu'il déposait une personne. "C'est beaucoup, surtout les deux mois de suspension (de permis)", déplore, sur RMC, ce chauffeur qui souhaite rester anonyme.

Son avocate, Me Stéphanie Dupont-Baillon, estime pour sa part qu'il a payé pour le contexte tendu: "C'est sévère. C'est un jugement de circonstance. Quelque part, ils ont voulu montrer l'exemple". Frédéric Aussenac, porte-parole de l'association des taxis toulousains et lui-même taxi depuis 13 ans, se réjouit, lui, de cette condamnation: "C'est un premier pas. Les pouvoirs publics nous ont enfin entendus. Il était plus que temps d'intervenir."

"Pas les moyens de m'offrir une licence de taxi"

Agé de 46 ans, cet homme possède un certificat de la préfecture pour exercer la profession de taxi, mais n'a pas trouvé de licence. Après des mois de chômage, il s'était récemment tourné vers l'application UberPOP pour arrondir ses fins de mois. "Ça fait plus d'un an que je cherche un travail et je ne trouvais rien. Là, j'avais enfin une opportunité de sortir du RSA", explique-t-il.

"Après 20 années de chauffeur poids lourds, j'ai suivi la formation de taxi. Je l'ai payé moi-même, j'ai réussi l'examen mais je n'ai pas trouvé de licence à louer. Je n'avais pas non plus les moyens de m'en offrir une à 240 000 euros. C'est pour ça que j'ai accepté cette opportunité Uber", poursuit-il, désemparé. S'il reconnaît que c'est "illégal", il estime "être tombé dans un piège" car la police "l'attendait à l'aéroport".

"Je voulais vraiment travailler"

Ce chauffeur dit "ne pas comprendre" la situation: "UberPOP est en justice mais ce n'est pas encore interdit par la loi donc je ne vois pas pourquoi on nous interdit d'être chauffeur". Incompréhension d'autant plus grande qu'il assure avoir accepté ce travail car il était "vraiment désespéré": "J'ai tout fait pour sortir du chômage. J'ai deux filles de trois ans et neuf mois, je voulais vraiment travailler".

Et d'ajouter: "Avec la suspension de permis je ne peux pas travailler… J'ai des amendes à payer… Comment je vais faire? On m'a brisé. Vraiment, on m'a brisé". A noter que ce jugement sera inscrit au casier judiciaire de l’accusé et lui interdira d’exercer la profession de taxi.

Maxime Ricard avec Aurélia Manoli