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Chute du prix du baril de pétrole américain: à quoi faut-il s'attendre dans les stations-service en France?

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La valeur du baril de pétrole américain a perdu près de 60 dollars en seulement trois jours. Cette situation peut-elle profiter aux automobilistes français?

Une chute historique: le baril de pétrole américain a connu, lundi, une journée infernale en bourse pour passer sur un prix "négatif" de - 37,63 dollars les 159 litres. En clair, cela veut dire que les producteurs de pétrole américains étaient prêts à payer les acheteurs pour se débarrasser de leur "or noir". 

La valeur du baril de pétrole américain a ainsi perdu près de 60 dollars en seulement trois jours: il s'agit d'une conséquence directe de la pandémie de Covid-19. Avec le confinement, les usines sont quasiment à l'arrêt, les avions sont cloués au sol et les déplacements sont limités.

Résultat, la demande de pétrole baisse alors que les réserves américaines saturent. "La production continue, les stockages sont très plein, et donc ceux qui offrent ce pétrole ont besoin de s'en débarrasser" explique le président du MEDEF Paris et ancien président de l'Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Schilanski. 

Les prix toujours à la baisse en France

Si les Français et leurs porte-monnaies bénéficient de cette situation, il ne faut pas s'attendre à des miracles à la pompe. 

"L'essence ne sera jamais gratuite parce qu'au prix du pétrole, il faut ajouter des frais de raffinage. En France, on achetait le pétrole il y a deux ou trois mois 60 dollars. Aujourd'hui, on est aux alentours de 26 dollars. On est loin, bien sûr, de zéro dollars comme aux USA". 

Les prix des carburants routiers vendus dans les stations-service en France ont continué de baisser la semaine dernière, poursuivant sur la tendance de ces deux derniers mois, selon des chiffres officiels publiés lundi. Lundi, le prix du gazole, carburant le plus vendu, valait 1,2132 euro par litre, en baisse de 0,91 centime par rapport à la semaine précédente, selon les données du ministère de la Transition écologique et solidaire. Il s'est ainsi replié pour la huitième semaine d'affilée. L'essence super sans plomb 95 s'est vendue à 1,2621 euro, en recul de 1,19 centime. Quant au SP95-E10, qui contient jusqu'à 10% d'éthanol, il a perdu 0,93 centime, à 1,2514 euro. Enfin, le SP98 était vendu 1,3362 euro, en baisse de 0,97 centime.

Une remontée en flèche lors du déconfinement?

Avec le déconfinement et la reprise de l'activité, les experts estiment que les prix à la pompe vont augmenter à nouveau. D'après Matthieu Auzanneau, journaliste spécialiste des questions pétrolières, il faut s'attendre à l'avenir à un effet "yoyo":

"Lorsque la première vague de la pandémie sera passée, on peut s'attendre à une remontée très forte de la demande à mesure que les gens vont se remettre à circuler en voiture, éventuellement à prendre l'avion et que l'économie va redémarrer de manière générale. Tout cela va redonner une ampleur à la demande du baril et, probablement dans les mois qui viennent, on va avoir un mouvement de balancier dans l'autre sens, sans doute aussi rapide que cette baisse".

D'ailleurs le prix négatif n'a pas duré: le cours du baril de pétrole américain rebondit mardi matin en Asie et revient légèrement au-dessus de zéro. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai s'échange en matinée à 1,10 dollar, contre un prix de clôture de -37,63 dollars lundi soir à New York.

Margaux Bourdin et Xavier Allain