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Crash d'un Boeing en Iran: "Pourquoi l’hypothèse du missile devient de plus en plus crédible"

Justin Trudeau a affirmé jeudi en conférence de presse qu'un missile air-sol a touché l'avion provoquant le crash. L'analyse de Gerard Feldzer, consultant aéronautique.

Le Boeing 737 qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran a sans doute été abattu par un missile iranien, probablement par erreur, a affirmé jeudi le Premier ministre canadien Justin Trudeau en s'appuyant sur des sources de renseignement canadiennes et alliées.

L'Iran a aussitôt demandé au Canada de lui fournir ses informations, en parlant de "mises en scènes douteuses".

Pour Gerard Feldzer, consultant aéronautique, seuls trois éléments auraient pu causer ce crash. 

"Une bombe à bord, ce qui est crédible dans ce genre de situation. Un ennui mécanique ce qui est peu probable pour un avion qui était quasiment neuf. Donc l’hypothèse du missile devient de plus en plus crédible. Maintenant, il manque les preuves formelles comme les photos satellitaires, plus l’enregistreur de conversation dans le cockpit. Il va falloir attendre le bon vouloir des Iraniens, mais ça ne va pas pouvoir continuer éternellement", explique-t-il. 

Une thèse qui parait également "crédible" selon Gérard Arnoux, ancien commandant de bord chez Air France, invité de RMC: "Il semblerait que le missile ait explosé à distance de l’avion, ce qui explique les petits trous qu’on voit sur les photos. Le pilote a ainsi eu le temps de tenter un demi-tour avant que l'avion n'explose" 

La catastrophe, qui a entraîné la mort de 176 personnes, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, est survenue peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak. L'avion de ligne ukrainien avait décollé mercredi matin de Téhéran en direction de Kiev avant de s'écraser deux minutes après.

Margaux Bédé avec Guillaume Descours