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Déchéance de nationalité: "Il faut un front républicain contre cette réforme"

François Hollande a finalement maintenu la déchéance de nationalité dans son projet de révision constitutionnelle. Pour l'historien Patrick Weil, c'est une "erreur" qui va diviser les Français.

Volte-face de François Hollande sur la déchéance de nationalité. La déchéance de nationalité est finalement conservée dans le projet de réforme constitutionnelle contrairement à ce qu'avait annoncé la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Plusieurs députés, notamment Pascal Cherki qui était invité ce jeudi matin sur RMC, ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre.

Et pour l'historien Patrick Weil, il faut même qu'un front républicain se constitue pour s'opposer à ce projet: "Nous sommes en démocratie chacun peut se tromper, le président de la République se trompe. Le Parlement doit corriger son erreur. (…) C'est une proposition qui a été approuvée par le Front national, il faut qu'il y ait aujourd'hui un front républicain de la gauche et d'une partie de la droite. Il faut qu'ils s'allient pour l'empêcher d'être réalisé".

"Une distinction entre Français selon leurs origines"

D'ailleurs la déchéance de nationalité change, selon lui, le sens de la Constitution: "La Constitution unit les Français. Elle déclare qu'il y a égalité pour tous devant la loi et que toute discrimination est interdite. Or en voulant mettre dans la Constitution qu'il va y avoir une différence entre les français binationaux et les autres, on crée une distinction entre Français selon leurs origines et c'est contraire à toute l'histoire de la République".

Selon Patrick Weil, la déchéance de nationalité mettrait en péril la cohésion nationale qui est "la meilleure arme contre le terrorisme". "Les terroristes s'en fichent de perdre leur nationalité, ils veulent mourir en tuant le maximum de Français, mais cela va avoir un impact sur la cohésion nationale cela va diviser les Français, donc cette mesure n'a aucun intérêt contre le terrorisme", a-t-il expliqué.