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A partir de quel seuil est-on considéré comme pauvre?

"CA VOUS CONCERNE" - Un Français sur cinq est concerné par la pauvreté selon l'INSEE.

L’INSEE vient de publier une étude avec de nouveaux critères pour définir la pauvreté. Officiellement, on est pauvre si on touche moins de 60% du revenu médian de la population, soit aujourd’hui moins de 1063 euros. C’est le fameux seuil de pauvreté.

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Cela concerne à peu près 14% des Français. Mais avec la nouvelle étude de l’INSEE, là une trentaine d’autres indicateurs sont pris en compte, des indicateurs très concrets. Par exemple, est-ce que je peux prendre une semaine de vacances dans l’année? Prendre un verre avec des amis? Manger régulièrement de la viande ou du poisson? Est-ce que j’ai du chauffage dans mon logement? Est-ce que j’arrive à payer mes factures? Est-ce que si j’ai une dépense imprévue, comme la machine à laver qui lâche, je peux y faire face?

Pour le coup, on n’est plus sur un chiffre un peu froid, on est sur les vraies conditions de vie. Et là, c’est 21% des Français qui sont concernés, soit un sur cinq.

Qui est concerné ?

Sans surprise, le chômage joue beaucoup. Deux tiers des foyers où la personne de référence est au chômage sont en situation de pauvreté. La composition de la famille a également un rôle: 42% des familles monoparentales sont considérées pauvres, contre seulement 10% des couples sans enfants.

Les plus pauvres sont particulièrement touchés par le mal-logement. Logements trop petits, trop bruyants, trop humides... La moitié des jeunes a du mal à payer son loyer ou ses factures d’électricité.

Qu’est-ce qui explique cette pauvreté?

C’est en partie la hausse des dépenses courantes: le loyer, la facture d’électricité, les assurances, la cantine des enfants, mais aussi les abonnements téléphoniques et autres. Ces factures incontournables, qu’on paye tous les mois, représentent un tiers de nos dépenses et c’est trois fois plus que dans les années 60. Un Français sur trois doit puiser dans ses économies tous les mois pour payer ses factures.

Quand on regarde ce qui reste une fois les factures payées, ce qui reste finalement pour vivre, c’est 343 euros pour une famille pauvre contre plus de 2000 euros pour les plus riches. Des inégalités 2 fois plus fortes entre les plus pauvres et les plus riches que si on regarde juste le revenu, d’où l’importance de prendre en compte ces nouveaux critères.

Et vous? Est-ce que vous estimez que vous avez suffisamment pour vivre une fois les factures payées? Est-ce qu'il faut revoir le système d’aide en prenant en compte ces critères? 

Géraldine de Mori