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Crise du lait: "Je veux que l'on rétablisse les quotas laitiers"

Ce mardi sur RMC, deux figures de la gauche ont livré leur point de vue sur la crise du lait et les actions menées par les producteurs contre Lactalis. José Bové et Jean-Luc Mélenchon sont d'ailleurs d'accord sur un point: il faut remettre en cause le modèle agricole actuel.

Après l'échec des négociations entamées jeudi à la Maison du Lait à Paris puis vendredi à Laval, une troisième discussion sur le prix du lait a débuté ce mardi entre les organisations de producteurs et Lactalis. En parallèle, des actions nationales contre des sites Lactalis ont débuté lundi après-midi et se sont poursuivies dans la nuit de lundi à mardi à l'appel de la FNSEA, premier syndicat agricoles afin de faire pression sur les négociations. Ces actions ont été accompagnées d'opérations de sensibilisation des consommateurs.

"La politique de Lactalis est clairement une politique qui a pour but de jouer sur les marchés internationaux, déplore ce mardi sur RMC José Bové. L'industrie veut de la matière première au prix le plus bas possible afin de gagner des marchés internationaux en se moquant des producteurs. Mais cela va encore plus loin car le but de Lactalis, Danone ou autres, est de diminuer le nombre de producteurs. Ils veulent une concentration de la production".

"La FNSEA a mal mené ses affaires"

"J'ai entendu des responsables de Danone dire que l'on pourrait faire avec cinq fois moins de producteurs, poursuit le député européen EELV. Ce qui veut dire, évidemment, une hausse des coûts de production. Mais si on augmente le coût de production pour le paysan et que l'on baisse les prix, on arrive à la situation danoise où il y a moins de producteurs qu'en France mais produisant la même quantité. Mais là-bas la majorité des fermes, très modernisées, sont en faillite. C'est donc contre ce modèle agricole mis en place par l'industrie que les producteurs doivent se battre".

Alors que Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a indiqué ne pas avoir le numéro d'Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, Jean-Luc Mélenchon estime dans Bourdin Direct que "c'est plus le numéro de la FNSEA que les paysans feraient bien de se procurer parce que c'est bien la FNSEA qui a si mal mené ses affaires, qui a permis que le lait devienne une marchandise comme une autre et que les quotas soient levés".

"La situation va s'aggraver"

"Il y a une hypocrisie d'un certain nombre de dirigeants dénonçant les conséquences, absolument prévisibles, de leur manière de travailler, assène encore le candidat à l'élection présidentielle de 2017. L'humanité a passé son temps à essayer de casser les cycles de la nature pour protéger sa nourriture. Et, là, pour la première fois dans l'histoire, on invente que les stocks ne servent à rien, que l'on ne régule pas la production et que tout le monde fait ce qu'il veut, comme il veut, autant qu'il veut. Une année ça va bien, tout le monde fait du lait. Résultat: le cours s'effondre, tout le monde est mort. L'année d'après, vous ne trouvez plus les mêmes pour faire le travail. C'est ce qui s'est passé avec les cours du porc et ce qui se passe maintenant avec le lait".

"La situation va s'aggraver, assure encore Jean-Luc Mélenchon. Parce que dans les fermes comme celle des Mille Vaches, le lait n'est qu'un sous-produit, ce n'est pas le produit essentiel. Vous avez donc de plus en plus de lait, qui coûte de moins en moins cher, est de moins en moins bon". Et de poursuivre: "Je veux donc que l'on rétablisse les quotas laitiers. Je veux que l'on rétablisse une agriculture paysanne. Et pour la faire fonctionner, parce qu'il ne suffit pas de dire que l'on veut, il faut 400.000 paysans de plus".