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Restrictions d'eau à cause de la sécheresse: l'inquiétude des agriculteurs

Alors que le printemps commence à peine, les agriculteurs se disent très inquiets des restrictions dues à la sécheresse, qui pourraient fortement perturber les récoltes.

Le printemps a débuté depuis un mois seulement, mais la sécheresse s'étend déjà. Neuf départements sont concernés par des restrictions d'eau: le Maine-et-Loire, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente-Maritime, la Charente, l'Ain, la Drôme, les Alpes-Maritimes, et les Bouches-du-Rhône.

Si la météo estivale ravit de nombreux Français, les agriculteurs espèrent bien voir tomber la pluie, pour recharger les nappes phréatiques, sous peine de perdre leurs récoltes.

Sous le soleil, Patrick Tholon est debout dans son champ à Beynost, dans l'Ain. Dans sa main, il tient une graine. “C’est une graine de persil. Ça, sans eau, c’est pas la peine d’espérer en faire”, indique-t-il.

Depuis le 31 mars, son persil, l'agriculteur ne peut plus l'irriguer en journée, ni ses autres légumes. Décision de la préfète de l'Ain pour faire face à la sécheresse dans la région. Pour lui, qui s'apprête à planter les semis d'été, c'est une catastrophe.

“Tous mes plants de légumes sont commandés. Je serai obligé de les planter ou de les jeter si je ne peux pas arroser. J’ai des contrats signés à l’année et je ne pourrai pas fournir donc je ne sais pas comment je vais faire. Mon entreprise maraîchère, elle est perdue”, assure-t-il.

"Inquiétant pour l'avenir"

La seule solution, l'arrosage de nuit, est invivable pour lui. “On a déjà notre marché, il faut y être très tôt le matin. On a toutes nos livraisons à faire aussi. Il faudrait en plus se lever toutes les heures la nuit, c’est impossible à faire”, appuie-t-il.

Romain George est céréalier, sur la même commune. S'il n'a pas encore besoin d'irriguer son maïs et son colza, il aura besoin d'eau dès juin.

“Nous mettre en restriction dès maintenant, c’est inquiétant pour l’avenir. Si ça ne s’améliore pas, ça sera un arrêt total et ce sera catastrophique”, indique-t-il.

Les restrictions courent pour l'instant jusqu'au 31 octobre. Elles seront réévaluées à la fin du printemps, en fonction des pluies.

Lucile Pascanet avec Guillaume Descours