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Flambée des prix de l'énergie: vers une pénurie d'engrais en France?

Les fertilisants sont fabriqués avec du gaz naturel. Et les prix sont ainsi corrélés à la hausse générale des coûts de l'énergie, accentuée encore un peu plus par la guerre en Ukraine.

L’agriculture française va-t-elle bientôt manquer d’engrais? Les prix des fertilisants flambent. Ils ont été multipliés par deux depuis le début de la guerre en Ukraine. Beaucoup d’engrais sont fabriqués à partir de gaz naturel, dont le prix s'envole ces dernières semaines.

Et la Russie, qui a demandé à ses producteurs d’engrais d'arrêter les exportations, représente habituellement 30 % des importations de l’Union européenne d'engrais azotés.

30% d'augmentation sur les prix

Pour Axel Tran Van, à la tête de 160 hectares de terres agricoles dans la région toulousaine, producteur de blé et de colza, les engrais sont nécessaires, mais tout cela a un coût: "Avant l’été, on pouvait facilement l’acheter 300 euros le sac, et à l’heure actuelle, le prix dépasse allégrement les 1.000 euros la tonne. Sur une exploitation comme la mienne, il faut à peu près 50 tonnes par an".

30% d’augmentation, ce n’est pas rien pour la trésorerie de cet agriculteur, c’est une conséquence directe de la guerre: "Pour fabriquer cet engrais, il est nécessaire d’utiliser du gaz, et comme bien entendu, c’est la Russie qui fournit le gaz, les fabricants sont obligés de répercuter cette hausse sur le produit".

"Avec l’écologie, on est allé trop loin", selon la FDSEA 31

Pour les syndicats d’exploitants agricoles, les normes écologiques ont poussé la France à produire moins d’engrais. Ce que regrette Jean-François Lamassé, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) de la Haute-Garonne: "Il faut recréer des usines d’engrais en France. Il ne faut plus être dépendant des autres pays. Il faut une agriculture raisonnée, c’est sûr. Mais avec l’écologie, on est allé trop loin et on voit où on en est !"

La solution passe peut-être aussi par la production de cultures moins gourmandes en engrais comme l’orge ou le soja.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)