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Coup de colère des salariés de GM&S: "il faut que ça bouge pour que ça remonte jusqu’à Mr. Macron"

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- - AFP

A La Souterraine (Creuse), les 277 salariés de l’usine GM&S pourraient être licenciés si le tribunal de Poitiers décide de placer leur société en liquidation le 23 mai.

Sous-traitant automobile, GM&S travaille pour les géants PSA et Renault. Mais les commandes ont cessé. Les salariés ont donc décidé, exaspérés, de piéger leur usine avec des bonbonnes de gaz en menaçant de les faire exploser, mais aussi de détruire leurs machines-outils et d'occuper le site 24h sur 24.

Ils ont déjà passé deux nuits dans l'atelier. Les équipes se relaient tous les jours pour la grève. Une réunion à la préfecture de la Creuse est prévue lundi à 14h30. Le temps presse, puisque le tribunal de Poitiers pourrait ordonner la liquidation de l’usine le 23 mai, entraînant le licenciement de 277 salariés.

"C’est comme une grande famille"

Sur place, l'usine est bien plus qu'un simple emploi pour les salariés. Pour Elodie c’est même une affaire de famille: son père y travaille et depuis 6 ans elle s’y occupe des commandes. "Cela fait 27 ans que je connais la boutique. Les Noël de l’entreprise, je les ai tous fait depuis que je suis toute petite. C’est comme une grande famille".

Une grande famille implantée dans une commune de 6000 habitants où tout le monde se connait. Si l’usine venait à fermer les conséquences pour La Souterraine et les villes aux alentours seraient désastreuses. C’est l’avis de Jean-Marc, technicien soudure depuis 22 ans: "cela peut impacter les commerces, les écoles… Il va y avoir pleins de maisons en vente, les gens vont partir, et après le territoire il sera mort".

La liquidation du site pourrait impacter plus de 800 emplois directs et indirects. C’est pour eux que Jean-Christophe, dans l’entreprise depuis 26 ans, veut alerter Emmanuel Macron. "Il faut que ça bouge pour que ça remonte jusqu’à lui. Il ne sera président que dimanche, il faut qu’il soit au courant. Qu’il s’occupe de nous, ça lui ferait un premier clash. Qu’il s’occupe de notre dossier, pour qu’il voit avec les constructeurs pour nous donner un peu plus de charges et qu’on trouve un repreneur très vite. Il faut qu’il vienne au plus vite pour faire quelque chose".

Anaïs Bouitcha (avec A.M.)