RMC

Guerre en Ukraine: quelles conséquences après le retrait russe de l'accord sur les céréales?

La Russie a annoncé samedi dernier qu'elle se retirait de l'accord sur l'exportation des céréales en Ukraine. Immédiatement, les cours du blé sont repartis à la hausse. Va-t-il y avoir un impact sur l'alimentation mondiale et sur les prix dans les rayons des magasins? C'est possible, mais pas forcément sur les produits attendus.

La Russie a décidé, samedi dernier, de se retirer de l'accord sur l'exportation des céréales d'Ukraine, conclu en juillet sous l'égide de l'ONU et de la Turquie. Moscou évoque une attaque de drones ayant visé plusieurs navires, pour justifier ce retrait.

Il avait permis l'exportation de plusieurs millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens depuis le début du conflit en février. Alors, quelles conséquences cette nouvelle décision pourrait-elle avoir? Dans les supermarchés, les prix pourraient augmenter.

Paradoxalement, ce ne sont pas les produits qui contiennent le plus de blé qui vont subir la plus forte augmentation. Par exemple, la farine de blé ne représente que 10 à 15% du coût de fabrication d'une baguette. Ce qui coûte le plus, ce sont la main d'oeuvre et l'électricité, donc même si le prix de la farine était multiplié par deux, le coût supplémentaire ne serait pas très élevé.

La part des céréales limitée dans certains produits

C'est donc l'augmentation de toutes les matières premières qui fait augmenter le prix d'un produit, comme ça a été le cas pour les pâtes (+29% sur un an) ou les céréales du petit-déjeuner (+9,5% sur un an).

Dans les corn flakes, par exemple, il y a aussi du sucre ou du miel, dont les prix ont fortement augmenté, ainsi que le coût des emballages et du transport. Finalement, la part des céréales dans le coût de fabrication est relativement limitée.

Cependant, certaines productions qui ne contiennent pas directement de céréales sont très sensibles à la hausse des cours. C'est le cas de la viande, qui a déjà beaucoup augmenté.

Risque de famine dans certains pays

Pour produire un kilo de boeuf, il faut sept kilos de grains. Pour un kilo de porc, il en faut quatre. Le système est le même pour le lait: les coûts de production augmentent lorsque les céréales pour nourrir le bétail coûtent plus cher.

En cas de pénurie, les choses pourraient se compliquer, car les prix pourraient devenir délirants.

Le plus inquiétant reste quand même l'alimentation mondiale. Certains pays comme l'Égypte sont très dépendants de ces céréales. 85% du blé consommé dans le pays, avant la guerre, provenait d'Ukraine ou de Russie.

Avant la guerre, la Russie était le premier exportateur mondial de blé et l’Ukraine le cinquième. Le risque de famine est pris très au sérieux par la communauté internationale.

AB avec Stéphane Pedrazzi