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Hausses de prix: les négociations entre grande distribution et fournisseurs vont reprendre

Les grandes enseignes de la distribution et leurs fournisseurs, notamment agricoles, vont reprendre les négociations, à la demande du gouvernement.

Dans le cadre du plan de résilience annoncé par le gouvernement, les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs vont reprendre. Les grandes enseignes de la distribution avaient bouclé leurs  négociations commerciales le 1er mars. Des négociations plus laborieuses que les années précédentes, qui s’étaient en moyenne conclues sur des hausses de prix de 3 à 4%, alors que les fournisseurs demandaient plutôt de 5 à 6%.

Mais alors que l'encre des contrats est à peine sèche, la discussion va reprendre à la demande du gouvernement pour tenir compte des difficultés d’approvisionnement créées par la guerre en Ukraine.  

Que vont demander les fournisseurs?  

Les fournisseurs ont en partie la législation pour eux, puisque les grands distributeurs devront respecter la loi Egalim2, qui interdit de négocier la partie des coûts imputables aux matières premières agricoles. Par contre, il faudra faire passer toutes les autres hausses de coûts: énergie, emballage, transport. Aujourd’hui, dans l’agriculture comme dans l’industrie, les coûts de production sont en hausse de 15%.

L'objectif de base de discussion, entre 5 et 10%, va être dur à atteindre. Les distributeurs veulent pour l’instant s’en tenir à la mise en œuvre des clauses de révision et de renégociations déjà prévues dans les contrats. 

Au final, quelles hausses de prix ?  

Les prix du beurre, de la margarine du lait et des huiles pourraient progresser de 6 à 8%. Même chose pour les fruits et légumes et le fromage à la coupe. Les viandes et les poissons augmenteront plutôt de 8 à 10%, le café jusqu'à 20%. Et attention: les premiers prix vont sans doute continuer à augmenter davantage. Pour eux, la matière première représente la part la plus importante du prix. L’Insee attend une inflation de 4,5% au printemps, une fourchette basse.

Emmanuel Lechypre