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L'euro perd de sa valeur: pourquoi c'est une double peine pour les Français

L'euro a connu une baisse constante et conséquente de sa valeur face au dollar depuis un an. Ce vendredi, 1 euro valait 1,05 dollar. Une baisse qui touche concrètement le portefeuille des Français.

L'euro perd de sa valeur: à 1,05 dollar pour 1 euro, ce jeudi soir, la monnaie unique perd 14% en un an, 7% depuis le début de l'année 2022. Cela ne concerne pas uniquement ceux qui partent en vacances aux Etats-Unis, mais ça nous concerne tous.

La double peine pour les prix du pétrole

Plein de produits du quotidien sont achetés systématiquement en dollars, à commencer par le pétrole. Les cours sont toujours en dollars, donc lorsque l’euro est faible, le pétrole nous coute encore plus cher. Cela tombe donc particulièrement mal en ce moment.

En effet, les prix du pétrole ont grimpé de 41% depuis le début de l’année, en raison de la guerre en Ukraine et combiné à la variation de l’euro, c’est un peu la double peine. Pour nous, en réalité, la hausse du pétrole est de pratiquement 52%. Ça fait très mal, d’autant qu’il n’y a pas que pétrole qui augmente: énormément de matières premières, notamment les métaux, sont achetées en dollars.

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Les taux d'intérêts en cause

Les causes de cette perte de valeur, c'est qu'en réalité c’est le dollar qui grimpe par rapport aux autres monnaies et pas l’euro qui recule. Ça ne change pas beaucoup le résultat pour nous, mais ça permet de comprendre plus facilement ce qui se passe.

Il y a plusieurs raisons: la principale c’est la différence des taux d’intérêts des banques centrales entre l’Europe et les Etats-Unis. Les taux d’intérêts, c’est ce qu’on appelle le loyer de l’argent: il est de 0,75% aux Etats-Unis… et de -0,5% en Europe.

Concrètement, ça veut dire que c’est plus intéressant, que ça rapporte plus, de détenir des dollars que des euros. Et ça ne va pas s’arranger, puisque la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, est en train de relever ses taux de manière assez rapide. Donc la dégringolade de l’euro, qui est déjà au plus bas depuis six ans, risque en réalité de continuer.

Stéphane Pedrazzi (avec MM)