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La fin des poches à perfusion françaises? La société Carelide menacée de fermeture

Le dernier fabricant français de poches à perfusion, Carelide, pourrait fermer. La date limite pour un éventuel repreneur est fixée à ce vendredi. Pour les employés, c'est le symbole que la souveraineté sanitaire prônée par l'Etat après le Covid n'est qu'une illusion.

La société Carelide, dernier fabricant français de poches de perfusion, est menacée de fermeture. Les éventuels repreneurs ont jusqu'à ce vendredi pour déposer un dossier. Pour l’instant, seuls deux repreneurs indépendants se sont présentés, mais n’ont pas été jugés sérieux.

Les salariés et leurs syndicats organisent une marche ce vendredi matin à 10h, dans le quartier de l’usine à Mouvaux, dans le Nord. Ils vont planter des panneaux et des croix pour symboliser la mort de leur entreprise. Carelide souffre d’un retard d’investissement et ne parvient plus à suivre la concurrence allemande ou américaine. Placée en redressement judiciaire fin octobre, la société pharmaceutique est menacée de fermeture. Les déboires ne sont pas nouveaux et ont empiré avec la flambée des coûts des matières premières, notamment le plastique.

Nadjoua, agent d’entretien, ou Olivier, 23 ans de boite, sont attachés à leur entreprise et fiers de travailler dans ce secteur.

“Ça nous fait mal au ventre forcément puisqu’on a donné énormément de temps pour une entreprise que l’on aime”, indique Olivier. “On travaille pour les hôpitaux, ce n’est pas rien. On a besoin de médicaments et travailler dans une société qui fait du médical, c’est une fierté”, assure Nadjoua.

La souveraineté sanitaire en question

Ils sont également perplexes devant les grandes déclarations autour de la souveraineté sanitaire, comme Audrey, Jorge ou Laurence.

“Quand il y a eu la pénurie de gants, de masques, on s’est dit qu’il fallait garder le savoir-faire chez nous et finalement, on a l’impression que ça n’a pas beaucoup évolué”, indique Audrey. “J’ai ma femme qui travaille dans les hôpitaux. Quand elle me dit qu’ils achètent allemands et américains, c’est le monde à l’envers”, dénonce de son côté Jorge. “Pourquoi l’Etat ne peut pas racheter carrément l'entreprise? Ils peuvent peut-être réquisitionner, je ne sais pas”, confie Laurence.

Ces angoisses, ces questions, Daniel Moreira, délégué CGT, les entend tous les jours. Il demande aujourd’hui des actes pour y répondre. “Il faut acheter français. L’Allemagne achète 90% allemand, ils enfreignent les lois. Les Français, on doit toujours respecter les règles. Et bien voilà aujourd’hui où on en est”, dénonce-t-il.

Des syndicats qui le disent: si aucun repreneur n’est trouvé et que l’entreprise ferme, la lutte pourrait se durcir pour trouver une sortie digne à tous ces salariés.

Rémi Ink avec Guillaume Descours