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Le secteur du bâtiment en perte de vitesse: pourquoi c'est important pour notre économie

Les artisans du bâtiment inquiets pour 2023

Les artisans du bâtiment inquiets pour 2023 - ROMAIN PERROCHEAU

Si 2022 a été une bonne année, la perte de vitesse est constante dans le secteur du bâtiment, ce qui n'augure rien de bon.

Les voyants passent à l'orange voire au rouge pour les artisans du bâtiment. En moyenne, 2022 a été une bonne année, portée par le marché de la rénovation énergétique, mais une année au cours de laquelle l’activité n’a cessé de perdre de la vitesse. Dynamique au premier trimestre (+3,5%), la croissance de l'activité en volume est ensuite tombée à 1% au quatrième trimestre.

Ce ralentissement est observable dans la quasi totalité des régions, à l'exception de la Nouvelle-Aquitaine et des Hauts-de-France, comme le rapporte la Capeb, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment.

Comment s’explique ce pessimisme ?

Les hausses des prix des matériaux (tuiles, verre, carrelage, etc.), qui représentent 30% des dépenses courantes des artisans, expliquent en partie ce ralentissement. Les hausses ont bondi de 27% entre janvier 2022 et janvier 2023, avec un renchérissement de l'énergie et du carburant, malgré les aides gouvernementales.

Et les entreprises n’ont répercuté que partiellement ces hausses. Les factures qui ont le plus augmenté, autour de 13%, concernent les travaux de plomberie et de menuiserie. D’où des difficultés de trésorerie croissantes.

L’activité, heureusement, tient encore bon: les carnets de commandes s'établissent à 96 jours de travail à venir. Avant la crise sanitaire fin 2019, c’était 78 jours.

Quand le bâtiment va, tout va: est-ce que c’est encore vrai?

La formule date du XIXe siècle, avec l’idée que le BTP entraîne le reste de l’économie. Au début des années 70, la valeur ajoutée de la construction représentait près de 13% de l’activité en France. Aujourd’hui, ça ne représente plus que 5%.

Mais attention aux effets d’optique. Car une partie de l’activité du BTP est aujourd’hui comptabilisée dans l’industrie, qui préfabrique de plus en d’éléments dont le BTP a besoin. L’adage reste donc en partie vrai.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)