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Pas de petit café avec les collègues après les vacances: le retour morose des Français au travail

Un changement d'habitude qui en dit long. Les Français ne vont pas prendre leur petit café avec leurs collègues pour le retour des vacances. Un manque d'enthousiasme clair pour le retour au travail, signe d'une grande démotivation à la fin des vacances.

Les Français changent de priorité. D’après une étude pour le spécialiste de l’intérim Adecco, les Français ne sont pas très enthousiastes pour leur première journée de retour au travail. À tel point que le traditionnel café entre collègues n’est plus une priorité du matin. En rentrant de vacances, 39 % des Français vont d’abord filer lire leurs emails. Ces collègues "a-sociaux" n’étaient que 29% en 2015: c’est une hausse de dix points en dix ans. 33% vont commencer à travailler directement et seulement 28% va quand même prendre un café avec les collègues.

"La grande démotivation"

Avant la crise sanitaire, quand on rentrait de vacances, raconter ses vacances à ses collègues le premier jour devant un bon café était une tradition et un moment convivial. Au-delà du café, on peut dire que les Français appréhendent cette première journée de reprise. Cette rentrée rime avec "déprime" pour 61 % d’entre eux. Pour leur premier jour, 16 % se lèvent plus tard. Ils sont 81% à avoir déjà décidé qu’ils ne feront pas d’heures supplémentaires pour cette journée en 2022 (77 % en 2020). On parle beaucoup du phénomène de grande démission, mais là c’est un phénomène de grande démotivation.

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Une démotivation qui doit inquiéter?

Ce blues de rentrée pour ceux qui retournent au bureau peut être facteur d’inquiétude. Le manque de motivation est un vrai sujet managérial. Il faut interpréter ce blues de la rentrée : s’il dure trop longtemps, en tant que manageur ou collègue, il faut parfois s’inquiéter. Les conseils business estiment qu’il faut distinguer l’état passager lié à un changement de rythme (passage des vacances au retour à la vie normale…), d’un état plus intense révélateur d’un questionnement plus profond sur votre travail, vos missions, vos perspectives professionnelles.

Deux indices pour vous mettre sur la voie : 1) la durée de l’état de démotivation, 2) les signes corporels. Concernant la durée : si cet état ne passe pas après quelques jours de reprise, qu’il s’installe et pose comme un voile gris et permanent sur le quotidien professionnel, il faut que vous vous interrogiez. Il faudra aussi faire attention à un état de démotivation professionnelle si des symptômes corporels apparaissent: des maux de tête, de ventre, troubles du sommeil, troubles alimentaires voire même des réactions cutanées.

Lorraine Goumot (avec MM)