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Réforme des retraites: "Il faut remettre au travail plus de monde", juge Emmanuel Lechypre

Le président de la République a dessiné les contours de sa réforme des retraites et plaidé pour un départ à 65 ans ainsi qu'une defiscalisation partielle des heures supplémentaires. Une décision qui fait bondir Emmanuel Lechypre sur RMc.

Emmanuel Macron n'abandonne pas sa réforme des retraites. Même s'il laisse la porte ouverte aux concertations, le président de la République maintient son objectif de départ à 65 ans d'ici 2031: "On n'a pas d'autres choix. J'ai reçu le mandat de nos compatriotes pour décaler l'âge légal de 4 mois par an à partir de l'été 2023", pour atteindre 65 ans "à l'horizon 2031", a assuré le chef de l'Etat lors d'un entretien télévisé sur France 2 mercredi.

"L'idée c'est d'accélérer la réforme de Marisol Touraine déjà à l'œuvre qui consistait à allonger tous les 3 ans d'un trimestre la durée de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein", précise ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" Emmanuel Lechypre.

"Ce sera 65 s'il n'y a aucun dialogue social constructif, 64 s'il y a un dialogue social où l'on réussit à avoir des avancées sur la définition de la pénibilité et les carrières longues", précise-t-il.

"Il y en a plein qui vont mourir au travail"

"Que ce soit 64 ou 65, bientôt je pense que prendre sa retraite sera être un nanti", estime Mourad Boudjellal sur RMC et RMC Story. "Un grand nombre de personnes ne vont pas prendre leur retraite puisqu'ils vont se retrouver sur le trottoir du marché de l'emploi. La préoccupation première c'est s'occuper du présent et du pouvoir d'achat", juge l'entrepreneur.

Kaouther Ben Mohamed, fondatrice de l'association "Marseille en Colère", est aussi gênée à l'idée d'évocation de la réforme des retraites: "Il y en a plein qui gagnent mal leur vie et n'auront pas d'autres choix que de mourir au travail. Aujourd'hui ce qui m'intéresse c'est de savoir comment on peut vivre décemment. Plus personne ne se rebelle comme il faudrait se rebeller", déplore-t-elle.

"On a les retraités les mieux lotis du monde. Et ce n'est pas quand on est à la retraite qu'on a le plus de besoin", juge Emmanuel Lechypre. "On n'est pas plus malin que dans d'autres pays où la retraite est à 65 ou 67 ans. Plutôt que de donner aux gens qui travaillent l'impression qu'ils ne travaillent pas assez, il faut remettre au travail beaucoup plus de monde", appelle-t-il alors qu'Emmanuel Macron veut également une defiscalisation partielle des heures supplémentaires.

G.D.