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21% d'augmentation en 5 ans: la Cour des comptes alerte sur une hausse des arrêts maladies dans la fonction publique

La Cour des comptes appelle à la "maîtrise" des arrêts-maladies de courte durée dans la fonction publique. À Marseille, qu'en pensent les principaux concernés ?

La Cour des comptes à l'assaut des arrêts-maladies abusif. Dans un rapport publié vendredi, l'institution de la rue Cambon appelle à la "maîtrise" des arrêts-maladies de courte durée dans le secteur public et pointe une hausse de 21% de ces arrêts chez les fonctionnaires entre 2014 et 2019. 

À la sortie de l'hôpital de La Timone à Marseille, si on reconnaît certains excès, pas question de pointer du doigt les soignants: "Est-ce qu'il faut sanctionner les arrêts maladies? Je ne sais pas, je pense qu'il vaut mieux contrôler les abus. Cela me semble plus intéressant", estime un homme

"Les fonctionnaires des hôpitaux en auront forcément besoin parce qu'ils sont pressés comme des citrons. Après il y a d'autres catégories où il y a forcément plus d'abus", juge une autre femme.

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"On parle du physique mais assez peu des arrêts liés au mental"

Ces abus, Juliette Andreo psychologue du travail les constate, mais avertit sur les différents types d’arrêts: "Il y a des gens qui abusent effectivement, mais je pense qu'il y a d'autres formes d'arrêts-maladies que l'on prend peu en compte. On parle du physique mais assez peu des arrêts liés au mental".

Conditions de travail compliquées, prévention insuffisante, des critères souvent oubliés pour Maxime, militant syndical Solidaire aux finances publiques: "Contrôler, surveiller, punir. Les évocations des acteurs de prévention sont très minimes. Clairement, on est sur une opération de communication et de 'fonctionnaire-bashing'".

Pour renforcer cette "maîtrise des arrêts maladie de courte durée", la Cour des comptes demande notamment "la possibilité pour les employeurs publics de moduler certaines indemnités en fonction des absences". Autre piste avancée : renforcer "les activités de prévention primaire, éviter la propagation des maladies saisonnières et proposer la vaccination sur les lieux de travail". En moyenne, un agent posait 12 jours annuels d'arrêts maladie en 2019, contre 10 cinq ans plus tôt.

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Loïc Cohen-Hebbache (avec Guillaume Dussourt)