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Attentats du 13-novembre: comment ne pas laisser une tribune au principal accusé?

Les sorties intempestives de l'unique survivant du commando des attentats du 13-novembre agacent les parties civiles. Mais le président de la Cour veille.

Persiste et signe. Malgré des débats techniques au second jour du procès des attentats du 13-novembre, Salah Abdelsam en a encore profité pour interrompre le président, tenter de faire de la propagande et dédouaner trois de ses co-accusés. La veille, l'unique survivant du commando avait déjà distillé des bribes de propagande.

De quoi irriter de l'autre côté. Victimes, parties civiles et avocats ne veulent surtout pas que ce procès lui serve de tribune et saluent aussi la pugnacité du Président qui le coupe et le recadre à chaque fois que ses interventions dérapent.

Jeudi, alors que la Cour tentait de trancher sur qui était victime ou pas, le principal accusé a interrompu le débat et demandé si les victimes irakiennes et syriennes pourraient prendre la parole. Une provocation que Patricia dont la fille est décédée au Bataclan préfère ignorer:

"Je ne prête aucune attention à ces propos. Ce qui m'intéresse c'est qu'on se souvienne que la nuit du 13-novembre, il y a eu 130 morts, dont ma fille et son compagnon. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici. Quoi qu'il arrive je ne me laisserai pas impressionner par ce type".

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"Le président lui coupe la parole dès qu'il sort du cadre, il a raison"

Avocats et parties civiles sont persuadés qu’Abdelsam continuera de faire du procès une tribune. Mais le Président de la Cour d’Assises veille et rabroue le principal accusé dès qu'il s'éloigne des débats. Il lui tient tête, salue Didier Seban avocat d’une trentaine de victimes:

"Le président tient bon la barre, ne se laisse pas dépasser et ne laisse pas l'accusé développer ses théories. Il lui coupe la parole dès qu'il sort du cadre. Il a raison, ce n'est pas le moment, on l'interrogera plus tard sur les faits, il y répondra mais il n'est pas là pour faire de la propagande".

Lorsque Abdelsam persiste, le président, agacé l’interrompt : "Vous avez eu 5 ans pour vous exprimer et vous ne l’avez pas fait. Maintenant ce n’est pas le moment", tranche-t-il avant de lui couper son micro. Une fermeté nécessaire alors que le procès doit durer 9 mois.

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Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)