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9.000 postes à pourvoir: pourquoi les boulangers ont-ils du mal à recruter?

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Malgré la crise sanitaire, certains secteurs continuent de recruter, comme celui de la boulangerie. Près de 9.000 postes d'apprentis sont à pourvoir. Mais ce métier contraignant peine à séduire.

En un an, le chômage des moins de 24 ans a bondi de 16%, en grande partie à cause de la crise sanitaire. Malgré cela, certains secteurs recrutent, comme celui de la boulangerie, car il a été très peu touché par les fermetures à répétition des confinements successifs.

Près de 9.000 postes d'apprentis sont à pourvoir dans les 33.000 boulangeries du pays, que ce soit en boulangerie, en pâtisserie ou en personnel de ventes. Ces formations en alternance peuvent commencer dès 16 ans, et jusqu'à 30 ans.

"On a beaucoup de mal à trouver du personnel"

Apprenti boulanger depuis déjà trois ans, Paul, 19 ans, a travaillé sans interruption depuis le début de la crise sanitaire.

"Je n’ai jamais été inactif, j’ai toujours travaillé pendant le confinement et pendant le couvre-feu. Personnellement, je ne m'inquiète pas parce que c'est un métier où, si on veut, on peut toujours trouver du travail", raconte l’apprenti d’une boulangerie de Paris au micro de RMC.

Au-delà de la sécurité de l'emploi, c’est la créativité du métier que Paul apprécie par-dessus tout: "Ce que j'aime vraiment, c'est l'évolution, partir de farine et d'eau et arriver à un produit fini qu'on va cuire, c'est vraiment tout ce parcours qui me fascine", développe-t-il.

Mais selon son patron Jean-Yves Bouiller, la vie de boulanger peine à séduire: "On a beaucoup de mal à trouver du personnel, des gens motivés pour faire ce métier-là. C’est un métier dur, il faut se lever de bonne heure et travailler le week-end. Ça devient un problème, c’est pour ça qu’il faut former des jeunes".

"Un excellent passeport pour l’international"

Pourtant, ce métier de proximité, accessible partout en France, n’a jamais offert autant de débouchés.

"On sait que les jeunes qui sortent de cette apprentissage qui va durer un an ou deux sont surs d’avoir un CDI. Au bout de cinq ou dix ans, ils peuvent s’installer et avoir leur propre affaire. Hors Covid, ils peuvent aussi voyager car c’est un excellent passeport pour l’international, puisque tout l’alimentaire français a une bonne cote", explique Dominique Anract, président de la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.
Alexandra Sirgant