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"C'est le printemps des fondeurs": les Fonderies du Poitou en bonne voie grâce à un repreneur britannique

L’avenir des Fonderies du Poitou dans la Vienne semble plus radieux. Un repreneur a été trouvé et le carnet de commande est occupé pour les quatre prochaines années.

Après de longs mois de combat pour les syndicats et les salariés, un repreneur a été trouvé pour les deux usines de sous-traitances automobile, le groupe britannique Liberty House.

Renault, leur seul client s’engage sur des commandes pour quatre ans, un carnet de commande garanti qui rassure Liberty House qui a annoncé apporter tout de suite 10 millions d'euros.

Deux usines situées à Ingrandes-sur-Vienne sont concernées, elles appartiennent à deux propriétaires différents et sont toutes les deux en redressement judiciaire.

"Ces barrières ont été posées en V, signe de victoire"

Un combat syndical qui a donc payé, il y a deux mois, les 800 emplois devaient disparaître, là on se dirige vers 140 licenciements.

Pour une fois, un combat salariés et syndicalistes a abouti sur une reprise. Au plafond du local syndical des fonderies du Poitou, deux barrières rouge et blanche: "Ces barrières ont été posées en V, signe de victoire". Pour Jean Yves Huet, responsable syndicat CGT de la branche alu, la victoire des salariés est le fruit de leur combat. 

"Il y a deux mois, tout le monde serrait les fesses ici et puis d’un seul coup, c’est le printemps. C’est le printemps des fondeurs. On s’est mis en colère mais aujourd'hui, le travail qui a été fait par tous les salariés du site est formidable. Avec leurs organisations syndicales bien sûr, ils ont pu mettre les choses dans le bon ordre de marche, se faire entendre, démontrer qu’on avait une utilité et que le constructeur ne pouvait pas se passer de nous. On en est fiers".

"Là ce n’est qu’une petite bouffée d’air"

Pas suffisant pour redonner le sourire à Patrick Cochet, technicien de l'entreprise depuis 38 ans. Il est persuadé que les Fonderies connaîtront à nouveau un redressement dans les prochaines années.

"On remettra le couvert dans quelques années parce qu’il faut que ce repreneur ait en tête qu’il doit nous diversifier. Les programmes de Renault vont diminuer et s’il n’y a pas autre chose qui progresse pour compenser, on reviendra au même point. Le fait d’être mono-client reviendra au même point. Là ce n’est qu’une petite bouffée d’air".
Mahauld Becker-Granier (avec Caroline Petit)