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Chômage des jeunes: "j'essaie de dédramatiser, mais au bout d'un moment, ça devient difficile"

Une agence Pôle emploi à Lille, en décembre 2015

Une agence Pôle emploi à Lille, en décembre 2015 - Philippe Huguen-AFP

Benjamin a 28 ans, un bac+5 et de la motivation. Mais il est au chômage. Depuis trois ans, il ne parvient pas à trouver un emploi. Il a envoyé plus de 1000 CV, sans succès. Il témoigne pour RMC.

Benjamin Fourmont a 28 ans, un bac+5, de la bonne volonté mais est au chômage. Depuis trois ans, il cherche un travail. Il a envoyé plus de 1000 CV. Sans succès. Ce diplômé d'un master 2 en communication obtenu à l'université de Paris-Est-Marne-la-Vallée, habitant de Lisieux, dans le Calvados, ne parvient pas à trouver un emploi. Comme les 40% des diplômés toujours sans emploi un an après leur sortie d'école. Et comme les 900.000 jeunes qui se trouvent en situation de précarité.

C'est pour cela que Manuel Valls a annoncé lundi, dans le cadre de la version corrigée du projet de loi Travail, vouloir généraliser la garantie jeunes, aujourd'hui limitée à 50 000 personnes âgées de 18 à 25 ans. Le Premier ministre entend faire de ce dispositif un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation et l'étendre à 100.000 individus. Créé en 2013, le dispositif offre, pour un an, un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 461 euros.

"Je viens de passer un entretien, ça n'a pas marché"

De quoi permettre un accès à l'emploi. Comme pour Benjamin Fourmont, qui témoigne et raconte à RMC son quotidien, allant de déception en déception. "Je viens de passer un entretien pour être chargé de la communication d'un hôpital, mais ça n'a pas marché." Le jeune homme a l'impression que les employeurs ne font pas confiance aux jeunes diplômés.

"Le premier travail que j'ai trouvé était un poste d'agent commercial dans un cinéma, un travail alimentaire car je n'avais pas le choix, il fallait que je travaille. J'y ai cru, j'y ai mis beaucoup de bonne volonté. J'ai été engagé en CDD. J'ai essayé de proposer mes compétences au directeur: j'ai réalisé bénévolement cinq campagnes de communication, en me disant que peut-être, je pourrai accéder à quelque chose ou faire valoir mes capacités et mon savoir-faire."

En vain.

"C'est fatiguant et lassant"

Le jeune homme enchaîne les petits boulots. Serveur ou encore surveillant d'internat, le jeune homme accomplit aujourd'hui des missions de remplacement comme professeur des écoles dans l'enseignement privé, payées 500 euros mensuels. Il a un temps envisagé de partir à l'étranger. Mais le problème financier reste entier.

"J'ai pensé à refaire une formation, ou partir sur une thèse l'année prochaine. Mais c'est fatiguant et lassant. J'essaie de dédramatiser, de le prendre au second degré, mais au bout d'un moment, ça devient difficile."
C.H.A.