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Des salariés occupent Bercy 2 pour obtenir un salaire de 2.000 euros: "Ils n'ont plus peur de rien"

Depuis mercredi matin, plus d'une centaine de salariés de la grande distribution occupent le Centre commercial Bercy 2 et le magasin Carrefour, situés à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Ils souhaitent obtenir, entre autres, un salaire mensuel minimum de 2.000 euros.

Ils étaient jusqu'à 500 au plus fort de la journée ce mercredi, selon la CGT. Depuis la matinée, des salariés de la grande distribution et d'autres secteurs occupent le centre commercial Bercy 2 et le magasin Carrefour, situés à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Dans la nuit de mercredi à jeudi, 170 y sont restés et ont fait une nuit blanche. Objectif: obtenir une augmentation de salaire à 2.000 euros brut mensuel minimum.

Si dans les rayons, l'atmosphère était légère et festive, les cœurs sont lourds. Pour Nadia, coiffeuse venue des Bouches-du-Rhône, son Smic ne suffit pas.

"On ne vit pas, on survit"

"C’est pas finir le mois, c’est vivre avec des découverts, c’est refuser des activités à nos enfants... Aujourd’hui, on ne vit pas, on survit. À chaque fois qu’on ouvre la boîte aux lettres, il y a un stress", déplore-t-elle.

Occuper un supermarché la nuit est une forme d'action inédite, mais elle est réfléchie et organisée depuis des semaines. Selon la CGT, ce magasin a été choisi particulièrement car une trentaine de salariés ont été "assignés devant le tribunal" de Créteil par le nouveau responsable pour une journée de grève organisée la semaine dernière.

D'autres actions à venir?

Face à la situation financière actuelle et à l'inflation, beaucoup ne s'en sortent plus.

"On a des salariés qui se privent de repas, il faut nous faire entendre. Je veux bien comprendre qu’on nous dise 'vous gâchez la fête de Noël', mais cette fête est gâchée toute l’année pour ces salariés-là, c'est le seul moyen de nous faire entendre", affirme Amar Lagha, secrétaire général de la Fédération CGT Commerces et services.

"Aujourd'hui, à temps plein, avec quelques années d'ancienneté, vous gagnez 1200-1300 euros. Sinon, les caissières, elles touchent environ 800 euros", précise le syndicaliste sur le plateau des "Grandes Gueules" sur RMC. "Et que ce soit à Paris ou au fin fond de la France, vous avez les mêmes besoins. Dans notre rassemblement, il y a des gens venus de toute la France et qui travaillent dans d'autres domaines pour qu'on parle d'eux et qu'on mette la lumière sur eux".

Cette action ne devrait d'ailleurs pas être la seule. "Nous allons organiser des opérations coups de poing un peu de partout, vous allez voir la détermination de ces salariés. Je le dis: ils n’ont plus peur de rien. Tout le monde ici est déterminé pour aller jusqu’à la gagne, parce qu’on va gagner", ajoute Amar Lagha, qui promet que le mouvement continuera "tout le mois de décembre".

Une assemblée générale doit se dérouler ce jeudi pour savoir si, oui ou non, le mouvement est prolongé.

AB avec Mathieu Limongi