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Droit à la déconnexion: "Le problème est aussi du côté des salariés accros à la connexion"

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Sébastien, conseiller commercial, a réagi ce mercredi dans Bureau de vote, aux négociations que vont devoir mener les entreprises de plus de 50 salariés pour instaurer un droit à la déconnexion de leurs salariés - ne pas leur envoyer de mails ou les appeler en dehors des heures de travail -.

A compter du 1er janvier, les entreprises de plus de 50 salariés vont devoir ouvrir des négociations sur le droit à la déconnexion: c’est-à-dire mettre en place des dispositifs de régulation pour respecter le temps de repos et la vie privée des salariés, afin de donner le droit aux salariés de ne pas répondre aux mails, aux SMS ou aux appels professionnels en dehors des heures de travail. Aucune sanction n'est pour l'instant prévue si l'entreprise ne respecte pas son obligation de négocier.

Ce mercredi dans Bureau de vote, RMC posait cette question: faut-il interdire aux managers de nous envoyer des mails et des SMS en dehors de nos heures de travail? Non, répond Sébastien conseiller commercial dans l'Essonne et auditeur de Bourdin Direct.

"Comment empêcher les clients de nous envoyer des mails"

"Le problème est aussi du côté des salariés. On parle d'une législation qui va empêcher les managers d'envoyer des mails en dehors du travail. La belle affaire ! Nous, la pression, on la reçoit aussi des clients. Comment va-t-on empêcher les clients de nous envoyer des mails en dehors des horaires de travail? En ce qui me concerne, et je suis loin d'être le seul, je suis à moitié en télétravail, donc en grande autonomie mais avec des objectifs à réaliser. Et avec un matériel qui me permet d'être connecté et d'accéder à mon intranet quand je le souhaite. Donc, ça me pousse effectivement à en faire un peu plus que ce que je devrais en regard du droit du travail, mais sans avoir forcément de mail à 20h de mon manager. Il n'a pas besoin de m'envoyer des mails pour que je fasse mon travail. Donc l'idée d'une loi, ça me fait rigoler.

"Le temps est déconnecté quand on est sur des objectifs mensuels"

Le vrai problème, il est dans l'inter-opérabilité entre la connexion entre le personnel et le professionnel. Si en plus vous rajoutez à ça une forme d'addiction à la connexion - c'est mon cas -, vous avez une grande facilité à basculer d'un écran personnel à un écran professionnel. Et quand, comme dans ma société, on est sur des objectifs mensuels ou trimestriels, le temps est complètement déconnecté. Pour moi, les 35h, les 39h ça ne veut plus rien dire. Quand j'entends des candidats dirent qu'il faut revenir aux 39h, c'est une bêtise absolue".

P. Gril avec Raphaëlle Duchemin