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"Dupin Quotidien": le "cartel" de titres-restaurant dans le viseur de l'Autorité de la concurrence

Vous en recevez peut-être de votre employeur, les titres-restaurant, aujourd'hui quasiment tous les commerçants les acceptent. Nous en utilisons de plus en plus.

140.000 entreprises proposent des titres restaurants et près de 4,5 millions de salariés en bénéficient. Ça concerne surtout les petites structures, 80% des PME de moins de 25 salariés en proposent.

Le système est simple: l’employeur va prendre en charge 50 à 60% de la valeur du titre, pour un montant maximum 5,50 euros. Le reste est prélevé sur votre salaire.

Une aubaine pour certains commerçants indépendants, qui peuvent faire jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires du midi avec des titres restaurants. 240.000 commerces acceptent aujourd’hui ce mode de paiement, dans la grande majorité des titres papier.

Une dématérialisation prévue au plus tard en 2023

Vous avez peut-être déjà une carte sur laquelle sont regroupés tous vos titres restaurants. Vous pouvez l’utiliser dans la limite de 19 euros par jour, sauf le dimanche et les jours fériés.

L’avantage, c’est que vous n’êtes plus obligé de consommer la valeur totale du titre. Mais on ne pourra plus en donner 3 au lieu de 2 le midi ou en faire profiter les enfants.

Pour les commerçants, la transaction sera plus rapide mais aussi plus cher : achat de machines, mises à jour de logiciels et la banque peut aussi prélever une commission en plus de celle déjà prélevée par les émetteurs de titres restaurants, autour de 10%. Sachant que la valeur moyenne d'un titre est de 7,70 euros.

C'est trop pour l'Union des Commerçants indépendants. Philippe, auditeur de RMC disait même ce vendredi matin que c'était du racket. Mais ce qui est bien avec la dématérialisation, c'est que ces grands groupes émetteurs seront obligés d'être bien plus transparents sur les transactions.

Dans le viseur de l’Autorité de la concurrence

Une enquête est en cours pour déterminer si les 4 principaux émetteurs de titres, se sont entendus pour empêcher toute concurrence et ralentir la dématérialisation. Ces émetteurs, on les connait sous le nom de Ticket Restaurant, Chèque Restaurant ou encore Chèque Déjeuner.

Si les faits sont avérés, ils pourraient payer jusqu'à 600 millions d'euros d’amende. Une amende égale à 10% de leur chiffre d’affaire, sachant qu’ils génèrent aujourd’hui près de 6 milliards d’euros.

Anaïs Bouitcha