RMC

Emploi: ces secteurs qui ont du mal à recruter

Une fois de plus, le baromètre Jobintree souligne la pénurie de kinésithérapeutes

Une fois de plus, le baromètre Jobintree souligne la pénurie de kinésithérapeutes - AFP

C'est un paradoxe: alors que le nombre de demandeurs d'emploi est toujours très haut, il y a des secteurs qui ont du mal à trouver des candidats comme le montre le dernier baromètre de l'institut Jobintree. Exemple dans le service de rééducation de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne où la pénurie de kinés se fait sentir.

C'est l'une des promesses phares de la campagne présidentielle de François Hollande: inverser la courbe du chômage. Pour le moment, force est de constater que le président de la République a échoué. Ainsi, les nouveaux chiffres annoncés ce lundi par le ministre du Travail, François Rebsamen, ne laissent apparaître aucune amélioration. Selon la dernière annonce, la France compte en effet 3.553.500 demandeurs d'emploi en catégorie A, soit sans aucun emploi, à la fin du mois de juin. Pourtant, paradoxalement, dans son baromètre du second trimestre 2015, Jobintree montre que certains secteurs manquent aujourd'hui cruellement de candidats.

C'est le cas par exemple au service de rééducation de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne où la pénurie de kinés se fait sentir. Georgina, chef de service, a récemment posté deux annonces plutôt alléchantes sur un site de recherches d'emploi: cherche deux kinésithérapeutes en CDI. Mais pour le moment, "on n'a quasiment pas de réponse", regrette-t-elle. Et d'ajouter, perplexe: "Les seules réponses que je vais avoir vont venir de sites espagnols ou polonais".

"Tous les jours des annonces"

Mais pourquoi les kinés désertent-ils l'hôpital ? "A cause du salaire, confie Florence, jeune diplômée. En milieu hospitalier, on touche 1 450 euros net, à savoir facilement deux fois, voire trois fois, moins qu'en milieu libéral." Dès lors, pour les jeunes diplômés, le choix est vite fait. D'autant plus qu'entre Paris, Lyon, Marseille… Florence peut même choisir la ville qui lui plaît : "Quand on est kiné, en France, on peut quasiment travailler où on veut, sans aucun problème, certifie-t-elle. Il y a tous les jours des annonces, que ce soit pour des remplacements ou pour des prises de poste en CDI."

"C'était une belle surprise de se rendre compte, lorsqu'on est diplômé, que l'on peut trouver du travail en une semaine. Surtout quand on voit que pas mal de nos amis sont dans la galère…C'est rassurant", reconnaît-elle. Pour preuve, au sein de sa promotion, il y a eu 44 diplômés et pour le moment aucun n'a encore connu une période de chômage.

Ça recrute aussi chez les moniteurs d'auto-école

Sur le podium des métiers qui ont le plus de mal à recruter, les moniteurs d'auto-école. Explications avec Carlos Goncalves, directeur général de Jobintree. "On est en pénurie car il y a beaucoup de départs à la retraite. Par ailleurs, le nombre d'heures nécessitant le passage du permis de conduire a été allongé donc il faut plus de personnels. La conjonction de tout ça fait qu'aujourd'hui lorsqu'on passe le diplôme de moniteur d'auto-école, on est sûr d'avoir un travail dans les prochaines années".

Juliette Droz avec Maxime Ricard