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"Entre 200 et 400 millions par jour": quel est le coût réel de la grève ?

En 1995, la grève avait duré 22 jours et avait coûté 0,3% de point de PIB. Plus récemment, la crise des "gilets jaunes" aurait impacté le PIB de 0,1% selon l'INSEE.

Le gouvernement craint une grève prolongée alors que le premier épisode de la mobilisation contre la réforme des retraites, prévu ce jeudi 5 décembre, s'annonce très suivi.

Et hormis les désagréments du quotidien, l'absence de transports, secteur où une forte mobilisation est attendue, pourrait contribuer à augmenter l'impact économique de cette grève. Car les grèves ont un coût: "Un jour de grève c'est entre 200 et 400 millions d'euros", explique Pascal de Lima, chef économiste chez Harwell Management, un cabinet de conseil, sur RMC.

Pour évaluer ce coût, plusieurs paramètres sont pris en compte. Le nombre de jours forcement, mais également le nombre d'acteurs concernés. Et beaucoup de professions entendent répondre à l'appel à la grève, des transports aux avocats en passant par l'hôpital, l'enseignement et l'énergie.

Sans surprise, c'est le secteur des transports qui aurait le plus gros impact sur la grève: "Il y a plus de coût indirect, liés à des retards d’approvisionnement en matière première notamment", explique Pascal de Lima qui évoque aussi une baisse de la productivité en raison des retards des salariés.

Les gilets jaunes ont coûté 0,1% de PIB selon l'INSEE

Les entreprises les plus impactées seraient les PME: 

"Il y a une concentration des problèmes autour des petites et moyennes entreprises (...) Les acteurs locaux sont également plus touchés", ajoute Pascal de Lima. En 1995, la grève déjà à l'époque contre la réforme des retraites avait coûté 0,3% du PIB. À titre de comparaison, la mobilisation des "gilets jaunes" a coûté au dernier trimestre 0,1% du PIB selon l'INSEE. Un chiffre qu'il faudrait relativiser en raison des dépenses publiques effectuées en aval.

Jeudi, la mobilisation interprofessionnelle devrait grandement impacter le trafic ferroviaire. Seulement 10% des trains devraient circuler sur l'ensemble du territoire. Faute de train dans la région Centre-Val-de-Loire, les gares de Tours et d'Orléans seront tout bonnement fermées. Enfin, seuls 3% des TER circuleront.

Guillaume Dussourt