RMC

Fermeture de l'usine Ford: Philippe Poutou explique pourquoi les employés "continuent la bataille"

L'usine Ford près de Bordeaux s'est arrêtée plus tôt que prévu mercredi, mais Philippe Poutou explique sur RMC que la bataille judiciaire n'est pas terminée avec la firme américaine

L'activité de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, devait s'arrêter dans une semaine. C'est finalement mercredi matin qu'elle s'est interrompue. Une décision qui a pris de court tous les salariés alors que près de 3.600 personnes travaillaient encore sur le site.

La fermeture définitive de cette usine de boîtes de vitesses est prévue depuis février 2018. C'est donc la fin de plus d'un an de négociations des salariés. Quelques heures après leur arrivée à l'usine ce mercredi matin, la direction a annoncé aux salariés qu'ils pouvaient rentrer chez eux.

"C'est la méthode Ford, c'est un dernier coup fourré... même s'ils ont le temps d'en refaire d'ici le licenciement"

Philippe Poutou, ancien candidat à l'élection présidentielle et délégué CGT de cette usine n'a pas compris pourquoi l'activité s'arrêtait si tôt, sans concertation avec les employés. 

"Il n'y a rien d'écrit, juste via les chefs. Ca court-circuite surtout tout l'aspect humain, car tout le monde prévoyait de se dire au revoir de faire des repas dans l'usine. Finalement tout ça n'est plus possible. C'est assez brutal, ça c'est la méthode Ford, c'est un dernier coup fourré, même si ils ont le temps d'en refaire d'ici le licenciement..."

"On pense qu'il n'y a pas de justification économique, d'ailleurs Ford fait d'énormes profits. La santé de Ford est bonne"

"Ce qui est terrible c'est de voir qu'une multinationale comme Ford peut faire ce qu'elle veut au mépris de la loi. Ford a reçu énormément d'argent public et se permet de fermer une usine sans même respecter un accord qui l'engageait à conserver 1.000 emploi, ils ont d'ailleurs été condamnés en justice pour cette raison là."

Les employés ne baissent pas encore totalement les bras et seront de nouveau devant les tribunaux prochainement, pour une raison "encore plus profonde" selon Philippe Poutou.

"Le gouvernement s'est dégonflé"

"On attaque Ford pour l'absence de cause économique pour fermer l'usine. On pense qu'il n'y a pas de justification économique, d'ailleurs Ford fait d'énormes profits. La santé de Ford est bonne. On a une audience le 6 août. On continue la bataille."

Il regrette également que "tout le monde se soit dégonflé", y compris le gouvernement qui, par la voix de son ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait dénoncé la "trahison" de Ford. "Ils ont lâché l'affaire, comme à General Electric, Whirlpool ou Ascoval... On se sent seuls mais on ne désespère pas", conclut-il.

James Abbott