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Grève dans les raffineries: par manque d'essence, des auto-écoles doivent annuler certains cours

Les auto-écoles de Nantes et Rennes tournent au ralenti

Les auto-écoles de Nantes et Rennes tournent au ralenti - AFP

REPORTAGE - La pénurie de carburant continue de polluer la vie des automobilistes dans le nord-ouest de la France. Parmi les corps de métier touchés, les moniteurs d'auto-écoles. A Nantes et Rennes, ils ne peuvent plus assurer tous leurs cours. Un manque à gagner, un stress aussi pour tenir les délais imposés par les examens.

La situation s'aggrave. Les raffineries, les dépôts de carburants, mais aussi les ports disposant de terminaux pétroliers sont, pour une bonne part d'entre eux, bloqués. Conséquence, 20% des 12.000 stations-service françaises sont "en difficulté" d'approvisionnement selon le ministre des Transports, Alain Vidalies. Et selon Total, 350 stations du groupe étaient en pénurie mardi soir, 431 l'étaient partiellement.

"Moins de ville et plus de routes"

Une pénurie de carburant qui a des conséquences sur certains corps de métiers tels que les auto-écoles. Ainsi, à Nantes, ils ne peuvent plus assurer tous leurs cours. Un manque à gagner, un stress aussi pour tenir les délais imposés par les examens. Comme chaque litre de carburant compte, Sonia Larzul, monitrice, donne des consignes et préconise une conduite plus souple pour économiser au maximum cette énergie devenue rare. Il a fallu également revoir les parcours.

"Je fais moins de ville et plus de routes car on consomme moins sur les routes, assure-t-elle. On change aussi un peu notre façon de travailler en faisant des pauses en aménageant la conduite des élèves. On leur dit par exemple de moins accélérer". Mais elle redoute aussi que cette pénurie ne la pousse à annuler les "deux gros examens" qu'elle a lundi et mardi. Depuis le début du conflit, Sonia Larzul certifie qu'elle a déjà été forcé d'annuler huit heures de conduite aux débutants.

"On ne se projette pas au-delà de la fin de semaine"

"Sans possibilité d'avoir du gasoil à mettre dans les véhicules, on ne pourra pas finir les formations et forcément on risque d'en arriver à annuler des examens car on ne pourra pas s'y rendre", alarme Rémi Le Quéré, gérant d'une auto-école à Rennes. Cette situation inquiète aussi de plus en plus Patrick Ferrandez, responsable d'une auto-école dans le centre-ville de Nantes. Il évoque déjà un chiffre d'affaires en chute libre:

"Depuis une semaine, on a suspendu tous les cours. La semaine dernière on n'a quasiment pas bossé et c'est le cas de nombreuses petites structures comme la nôtre. On ne se projette pas au-delà de la fin de semaine". Et d'ajouter: "On aimerait un petit geste pour les auto-écoles, par exemple un accès sécurisé à une pompe. Même si on ne met que 20 litres, on pourrait les mettre régulièrement". Une dérogation dont profite déjà les taxis nantais depuis mardi dans deux stations de l'agglomération.

Maxime Ricard avec Adrien Godet