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Hollande à Florange: "Il revient sur les lieux du crime"

François Hollande effectue ce lundi après-midi une visite à Florange. Le chef de l'Etat vient dire qu'il a respecté ses engagements. RMC est partie à la rencontre des syndicalistes du site, bien décidés à exprimer leur colère, toujours présente 3 ans après la fermeture des hauts fourneaux.

Visite à haut risque ce lundi pour François Hollande. Le président de la République se rend sur le site des hauts fourneaux d'ArcelorMittal à Florange ce lundi après-midi. Une visite pour expliquer aux salariés qu'en dépit de la fermeture des hauts fourneaux en 2013, il "a respecté l'ensemble de (ses) engagements" pris lors de la campagne présidentielle de 2012.

Mais le conflit de deux ans a laissé des traces et François Hollande n'est plus le bienvenu. Jean était technicien sur le site des hauts fourneaux désormais grignotés par la rouille. Il s’est battu pendant 2 ans pour essayer de les sauver aujourd’hui, il n’arrive pas à faire son deuil: "La blessure est grande ouverte, le mal est fait, il est profond. A chaque fois qu'Hollande revient, il revient sur les lieux du crime. C'est un traumatisme. On a vraiment été abandonnés, la Lorraine a été abandonnée.

Pourtant, en 2012, il avait cru aux promesses de François Hollande: "J'ai voté pour François Hollande, c'était une note d'espoir. Avec le recul j'ai honte d'avoir voté pour lui. Il a fait une faute politique et je pense que les citoyens et les salariés ne sont pas près de l'oublier".

Ce lundi, lors de la visite du chef de l’état, Jean ne sera pas présent, il n’a rien à lui dire, mais certains syndicalistes, comme Christophe Paré, de Sud, ont bien l’intention de vider leur sac: "La colère est encore là. On aurait dû être nationalisés. Pourquoi il n'est pas allé jusqu'au bout? Son mandat aurait changé, il aurait fait un mandat de socialistes et pas de droite. Il n'a pas tenu ses promesses".

"On a été trahis"

Jérémie Jolliot, électromécanicien (syndicat Sud) assure qu'il n'y aura pas de violence: "On veut simplement l'interpeller. Il n'y aura pas de violence, pas de jets d'écrous. On veut montrer qu'on est mécontents, c'est la moindre des choses. Il nous le doit. On avait mis tous nos espoirs sur Hollande, on a cru en ses mots. On a été trahis. J'aimerais lui dire ce que je pense. Il est bien venu nous écouter en 2012 alors qu'il était candidat, la moindre des choses c'est qu'il nous écoute aujourd'hui alors qu'il est président".

Reste à savoir si François Hollande ira à la confrontation avec les syndicats. Il y a deux ans, il était rentré par une porte dérobée, il n’était pas allé les rencontrer

P.B. avec Juliette Droz et Cécile Costes