RMC

Inégalités salariales: les femmes "travaillent gratuitement" depuis ce vendredi à 9h10

C'est un horaire symbolique dans le combat des inégalités salariales. À partir de 9h10, ce 4 novembre, les femmes "travaillent gratuitement". C'est le constat fait par la newsletter féministe "Les Glorieuses". Le calcul se base sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes en France: cette année, les femmes gagnent, en moyenne, 15,8% de moins.

À partir de 9h10, ce 4 novembre, les femmes "travaillent gratuitement". Cet horaire, mis en place par la lettre d'information féministe "Les Glorieuses" est symbolique dans le combat des inégalités salariales.

Pour le calculer, "Les Glorieuses" se basent sur les différences de salaire entre les femmes et les hommes en France, d'après les statistiques européennes. Le constat est sans appel: cette année, les femmes gagnent en moyenne 15,8% de moins que les hommes. L'année dernière, l'écart atteignait 16,5%, de fait, la date symbolique était le 3 novembre à 09H22.

Pourtant, d'après Sylvie Pierre-Brossolette, présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), des solutions existent.

L'éga-conditionnalité, une solution?

"C'est quand même quelque chose de basique, l'égalité des salaires, elle a été votée en 1972 et on n'y est toujours pas. Le HCE et moi suggérons d'appliquer l'éga-conditionnalité. C'est-à-dire de ne pas donner d'argent public aux entreprises, institutions et organismes bénéficiant d'une subvention publique, s'il n'y a pas d'égalité de salaire", a-t-elle expliqué.

De leur côté, les militantes qui relaient le mouvement #4Novembre9h10 ont lancé une pétition. Elles réclament la mise en place de trois politiques publiques visant à favoriser l'égalité salariales.

Il y a, comme proposé par Sylvie Pierre-Brossolette, le principe de l'éga-conditionnalité, mais aussi la revalorisation des salaires dans les emplois où les femmes sont les plus nombreuses. "À titre d’exemple parmi tant d’autres, les femmes représentent en France 90,4% des infirmières, 87,7% des sage-femmes et 65,7% du corps enseignant", affirment-elles.

Un congé parental équivalent pour les deux parents

"Une réévaluation économique de toutes les professions à prédominance féminine est indispensable", ajoutent-elles.

Elles demandent aussi le soutien d'un congé parental équivalent pour les deux parents. "À l’image de celui mis en place en Suède, il permettrait aux hommes et aux femmes de jouir d’un congé maternité (post naissance) et d’un congé paternité de même durée", expliquent Les Glorieuses.

AB