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Interdictions de manifester: "Ils veulent nous faire payer de ne pas être en accord avec leur politique"

Une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail est prévue ce mardi.

Une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail est prévue ce mardi. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

TÉMOIGNAGES - Les opposants contre la loi Travail sont mobilisés une nouvelle fois ce mardi pour une manifestation "massive" a promis la CGT. Dans le même temps, 130 personnes ont été interdites de manifestation, ils dénoncent des décisions "arbitraires".

Bastien, éducateur spécialisé ne fera pas partie du cortège contre la loi Travail ce mardi. Il fait partie des 130 personnes qui ont reçu une interdiction de manifester à Paris justifiée par la préfecture de police par un "risque de menace et un risque de violences".

Bastien assure avoir été arrêté au hasard par les policiers lors de la manifestation du 31 mars dernier et explique n'avoir rien à voir avec un casseur.

"Je suis assez chétif, je ne vais pas aller me confronter à des forces de l'ordre qui sont suréquipées et qui sont entraînées à ces situations. C'est juste de la répression pure et dure, ils veulent nous faire payer de ne pas être en accord avec leur ligne politique", estime Bastien.

Il dénonce "une violation" de son "droit à la libre circulation". Pour lui, cette décision n'a aucune justification. "C'est énorme 130 personnes qu'on a pris arbitrairement et on leur dit vous ne pourrez pas manifester parce qu'on a décidé que c'était comme ça". 

Les débordements "imputables" au gouvernement

Yaël Gagnepain, porte-parole de Solidaires Etudiant dénonce lui aussi une décision arbitraire après l'interdiction de manifester reçue par un de ses camarades.

"C'est très violent. La police a débarqué pour lui déposer une interdiction de manifester, il s'y attendait pas, il était avec sa famille. Il faut se rendre compte ce que c'est que l'engagement militant que de se battre au quotidien contre une loi qui pour nous est gravissime et de voir que l'Etat peut nous interdire d'agir", estime-t-il. 

Le préfet de police Michel Cadot a concédé lundi une "mesure assez inhabituelle, assez massive" la justifiant par le risque d'une présence de casseurs et de débordements pour la manifestations de mardi. "La meilleure façon d'empêcher des débordements, ce serait peut-être que le gouvernement retire son projet de loi", juge Yaël Gagnepain. Pour lui, "tous les débordements sont plus ou moins imputables à la politique du gouvernement". 

C. B avec Marie Dupin