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Intrusion au siège de la CFDT: la tension monte avec les militants CGT radicaux

Après une première intrusion vendredi, qui a fait l'objet d'une plainte, le siège parisien de la CFDT a été la cible lundi d'une nouvelle action, revendiquée par des syndicats CGT Energie dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, au 47e jour du mouvement

Deuxième intrusion au siège parisien de la CFDT en 3 jours. Une attaque revendiquée par les syndicats franciliens de la CGT Energie. En fin de matinée lundi, une quinzaine de personnes encagoulées a pénétré les locaux de la centrale et coupé l’électricité avant de s'enfuir.

La direction de la CGT ne cautionne pas cette intrusion sans pour autant la condamner et Céline Verzeletti, secrétaire confédérale minimise sa gravité: "Je pense qu'il faut relativiser l'événement, je ne crois pas que couper le courant soit violent. Je revendiquerais plutôt une coupure de courant à l'Elysée, dans une entreprise du CAC40 parce qu'elles créent de la misère et des inégalités".

"Un durcissement de la ligne"

Ne pas condamner sans pour autant cautionner: un jeu d'équilibriste inédit selon plusieurs observateurs des mouvements sociaux, car que si les règlements de compte entre syndicats ont toujours existé, ils se font traditionnellement l'abri des regards. "On voit bien qu'il y a un durcissement de la ligne, qu'il faut laisser prospérer des formes d'actions qui ont une portée symbolique, la CGT expliquant que ce ne sont pas des formes violentes d'action", explique Jean-François Amadieu, spécialiste des mouvements sociaux.

Mais certains y voient aussi le signe que Philippe Martinez ne parvient plus à contenir la frange la plus radicale de sa base. A rebours de sa confédération, le numéro 1 de la CGT a d'ailleurs assuré à Laurent Berger qu'il condamnait l'intrusion à titre personnel.

Alfred Aurenche et Victor Joanin