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"J’ai 48 ans, je suis senior": au chômage, elle peine à retrouver du travail en raison de son âge

Au chômage, les cadres seniors peinent à retrouver du travail. C'est le cas d'Estelle qui, à 48 ans, voient les employeurs lui privilégier des jeunes beaucoup moins onéreux.

Les seniors au chômage galèrent. Invité de BFMTV jeudi soir, le ministre du Travail Olivier Dussopt a été interpellé par Patrick, 55 ans, demandeur d'emploi depuis un an: "En un an, j’ai été 9-10 fois en finale et à chaque fois l'entreprise a privilégié un profil plus junior", a précisé l'ancien cadre supérieur, directeur commercial dans le privé qui assure avoir envoyé "plus de 900 CV".

Aujourd'hui, il touche 1.600 euros chaque mois, doit vendre sa maison et se dit confronté à la précarité avec son crédit, sa fille de 8 ans et l'électricité à payer. Face à ce témoignage, le ministre du Travail a assuré qu'un index pour mesurer l’implication des entreprises dans le recrutement et le maintien des seniors dans l’entreprise allait être créé en marge de la réforme des retraites.

Licenciée pendant le Covid-19

Selon une étude de l'Apec et de Pôle Emploi datée de janvier 2021, 70% des cadres seniors au chômage qualifient de "particulièrement difficile" leur recherche d'emploi.

C'est le cas d'Estelle qui, à 48 ans, est déjà considérée comme senior: "Je n’ai plus le droit au chômage depuis septembre, je me démerde comme je peux avec mes économies", raconte-t-elle ce vendredi sur RMC et RMC Story.

"Je suis gemmologue, je travaille sur les pierres précieuses. J’ai travaillé à Paris pendant 20 ans, j’ai été licenciée en plein Covid-19 en raison de la fermeture des frontières et de l’absence de clients Russes ou Chinois notamment", explique-t-elle aux "Grandes Gueules".

"Ils vont préférer embaucher des jeunes de 20 ans payés 1.500 euros par mois"

"Avant la fin de mes droits au chômage, j’ai tenté de retrouver du travail mais je n’ai pas réussi. Pour tous les postes qu’on me propose, on me dit que j’ai 48 ans, je suis senior", assure Estelle.

Le frein? Ses compétences élevées et son expérience qui pousseraient les employeurs à privilégier les plus jeunes. "Ils vont préférer embaucher des jeunes de 20 ans qui vont être payés 1.500 euros par mois, ça va leur faire leur carte de visite pendant un an ou deux ans et ils vont changer de groupe", raconte Estelle.

Pour continuer à exercer, elle se tourne désormais vers la Suisse toute proche. "C’est la honte", se désespère-t-elle.

G.D.