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"J'ai eu des difficultés à mettre mes souliers de sécurité": les salariés du BTP dénoncent la pénibilité du métier

Quatre critères de pénibilité ont été retirés aux salariés du BTP en 2017. Les professionnels du secteur s'estime lésés par le gouvernement.

Alors même qu'Edouard Philippe a annoncé qu'il souhaiter une meilleure prise en compte de la pénibilité, notamment dans le secteur public, la filière du BTP se sent oubliée des débats sur la réforme des retraites.

En 2017, ils se sont vu retirer quatre critères de pénibilité : les postures pénibles, les manutentions manuelles de charges, les vibrations mécaniques et les agents chimiques dangereux. Résultat les professionnels du secteur s'estiment être les grands oubliés et comptent bien se faire entendre par le gouvernement.

Chaque matin, à l'aube, Bachir 57 ans, coffreur dans le bâtiment, enfile son bleu de travail, met son casque.

"On respire de la poussière tous les jours. Il y a des grues, mais une fois que la palette de ciment elle est posée au sol, les sacs qui pèsent 25 kilos, on les prend à la main, on monte sur des échafaudages à 57 ans", affirme-t-il. 

"On nous oublie"

Impossible de travailler jusqu'à 64 ans dans ces conditions. "Je ne peux pas. Même ce matin, j'ai eu des difficultés à mettre mes souliers de sécurité. J'arrive plus à me baisser. Moi, j'invite Macron à venir nous voir sur les chantiers pour voir comment on souffre. Il y en a qui ne sont pas venus aujourd’hui parce qu’ils n’en peuvent plus. Personne s'occupe de nous, on nous oublie. Aujourd’hui y en a marre", dénonce-t-il.

L'ensemble des syndicats de la Construction souhaitent que les quatre critères de pénibilité supprimés en 2017 soient pris en compte dans le calcul de l’âge de départ à la retraite.

"Il y a un mort par jour sur les chantiers. Un salarié sur deux qui sont inaptes à partir de 55 ans. On demande un 43 régime spécial pour notre profession", affirme Francis Antoine, secrétaire général CGT de la fédération nationale des salariés de la construction, du bois et l'ameublement.

Et la CGT Construction va même plus loin. Le syndicat exige un départ anticipé à 55 ans et à taux plein pour les métiers dangereux et pénible.

Marie Monier avec Guillaume Descours