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"J'ai l'impression de ne pas exister": retraitée depuis 4 mois, elle n'a jamais touché sa pension

Après 40 ans de carrière dans l'hôtellerie et la restauration, Pascale profite désormais d'une retraite bien méritée. Mais après quatre mois, elle n'a toujours pas touché un centime de sa pension.

Pascale est à la retraite après 40 ans de carrière dans l'hôtellerie-restauration, d’abord salariée puis à son compte. Une carrière dont elle est fière, qui s’est terminée le 1er mai, jour de la fête du travail, joli clin d'œil. Et pour elle, le début de la retraite et du repos bien mérité.

Sauf que Pascale n’a pas touché un centime et ça fait quatre mois que ça dure. Elle a pourtant tout fait dans les règles. Elle a lancé les démarches six mois à l’avance, comme le recommande l’administration. Elle a transmis tous les documents nécessaires. Et rien... Depuis, elle ne cesse de relancer la Caisse de Retraite CARSAT Sud-Est dont elle dépend. Sans succès.

"Je suis pressée d'en finir parce que tous les jours, ça me travaille, ça me perturbe, je ne comprends pas. J'ai des amis autour de moi, nés la même année et qui ont perçu leur retraite. Alors que se passe-t-il, quel est mon problème? J'ai l'impression de ne pas exister et parler à des fantômes", déplore-t-elle au micro de RMC.

"Mon dossier est compliqué, je l'entends mais je suis comme tout le monde, j'ai travaillé 40 ans, je pense que je peux percevoir cette pension", ajoute Pascale.

"On a eu un dysfonctionnement interne sur ce dossier"

RMC a repris son dossier, point par point, et a contacté la CARSAT Sud-Est, qui a très vite identifié le problème. Le directeur retraite, Jérome Olles, fait son mea culpa: "L'explication est très simple. On a eu un dysfonctionnement interne sur ce dossier". Pour le dire encore plus simplement: le dossier de Pascale s’est perdu, au moment de son transfert vers le service dédié aux carrières à l’étranger ! Car oui, la jeune retraitée a travaillé un peu plus d’un an aux Etats-Unis.

La bonne nouvelle ce mardi, c’est que grâce à l'intervention de RMC, son dossier a été retrouvé et traité. Pascale va donc toucher sa retraite de mai, juin et juillet dans le courant de la semaine.

Alors, est-ce qu'il y a un risque, quand on a fait une partie de sa carrière à l'étranger, de se retrouver dans la même situation? Oui et non. Le dossier de Pascale, de l’aveu même de sa caisse de retraite, n’aurait jamais dû être égaré.

Prévenir plus tôt en cas de carrière à l'étranger

En revanche, une chose est sûre, en cas de travail hors des frontières, les procédures sont plus compliquées. Jérôme Olles, le directeur Retraites de la Carsat Sud-Est, préconise donc de lancer les démarches le plus tôt possible:

"On doit s'adresser à l'autre pays pour récupérer les éléments et ça cela prend un certain temps. Ce que l'on préfère évidemment, c'est d'avoir les éléments au moment de la retraite et ce que l'on préconise par rapport à ça, c'est que les personnes concernées viennent nous voir deux ans avant, comme ça on a le temps", préconise-t-il.

Les Etats-Unis, par exemple, sont un pays qui répond souvent en retard, entre six mois et un an", ajoute Jérôme Olles.

En 20 ans, le nombre d’expatriés français a doublé. Selon les estimations officielles, ils seraient entre 2 et 3,5 millions. Ça fait donc de plus en plus de dossiers comme celui de Pascale à traiter pour les caisses de retraite.

Amélie Rosique et Elise Denjean