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"J’ai pris un coup de matraque sur le crâne": des pompiers dénoncent la violence des forces de l'ordre lors d'une manifestation à Paris

Plusieurs milliers de pompiers étaient présents dans les rues de Paris mardi pour dénoncer des conditions de travail qui se dégradent. La manifestation a viré à l'affrontement avec les gendarmes et CRS en début de soirée.

La colère des pompiers à Paris. Ils étaient entre 7000 et 10.000 dans les rues de la capitale selon les syndicats, pour dénoncer le manque d'effectifs et des conditions de travail qui se dégradent. Une mobilisation qui s'est terminée par des échauffourées avec les gendarmes et CRS qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de canon à eau pour disperser les manifestants.

Place de la Nation, gendarmes et pompiers se font face. Un manifestant s’adresse directement aux forces de l’ordre.

"Bravo merci, merci de nous tabasser, de nous 'lacrymoger'. Bravo, ne changez rien, on ne vous a rien demandé, on vient juste manifester, on vient juste défendre nos droits et vous nous envoyez des lacrymos, vous nous tabassez", prononce un manifestant face aux forces de l’ordre. 

Yann Nestour, délégué de la CGT dans les Yvelines, ne comprend pas cette intervention des forces de l'ordre.

"J’ai été gazé quatre fois alors que je me tenais devant les forces de police comme je me tiens devant vous. J’ai pris un coup de matraque sur le crâne alors que j’étais non-casqué, non-virulent et non-violent. Donc à part un sentiment d’injustice et d’incompréhension, je ne peux rien ressentir d’autre", indique-t-il. 

Mépris de Castaner

Les pompiers sont déçus aussi de ne pas avoir été reçus par le ministre de l'Intérieur alors que la grève se prolonge depuis juin. Pour David Saquet, délégué syndical UNSA, Christophe Castaner est responsable de la situation. 

"Il y a une forme de ras-le-bol, de lassitude. Quand ça fait 30 ans que vous êtes pompier et que rien n’avance depuis tout ce temps et que pour seule réponse de Castaner, c’est des lacrymos et des canons à eau... C’est simplement du mépris", affirme-t-il. 

Pour Jérôme François, secrétaire général de l'UNSA Pompiers, ces affrontements donne une mauvaise image et son synonyme d'échec. "

"C’est une image qui nous attriste parce que nous sommes appelés tous les jours à travailler avec les policiers et les gendarmes. Donc ce face-à-face pour nous est choquant. C’est un échec sur toute la ligne. On ne désespère pas d’obtenir gain de cause sur toute la ligne, mais c’est aussi le résultat de beaucoup de mépris. Aujourd’hui, je ne mâche plus mes mots. Nous avons rencontré Christophe Castaner le 14 mars, il y a sept mois. Depuis, il n’y a pas eu une avancée, rien. On a la promesse de trois réunions d’ici mi-novembre", explique-t-il.

Pour justifier leur intervention, des sources policières affirment que certains manifestants ont lancé des cortèges sauvages. Trois membres des forces de l'ordre ont été blessés et six manifestants interpellés.

Romain Cluzel avec Guillaume Descours