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La stratégie de la CGT remise en cause par certains militants

Après 1 mois et demi de conflit social, quel bilan pour la CGT? La question commence à agiter les ateliers et les piquets de grève, même si la mobilisation devrait rebondir à l'occasion d'une journée d'action interprofessionnelle, vendredi.

Cela fait plus d'un mois et demi qu'Ahmed n'est pas remonté dans son bus. Comme chaque matin, ce militant CGT tient un piquet de grève devant le dépôt de bus de Pantin-Flandres. Aujourd'hui, il n'y a pas foule : comme les cheminots, les agents RATP se sentent isolés dans leur combat contre la réforme: "Les grosses boîtes comme les éboueurs eux, on ne les a pas vus. Les conducteurs de poids lourds auraient dû se mettre en grève avec nous pour bloquer le périph', pour faire des actions coups de poing. Ça a manqué aussi".

"Il y avait un virage à prendre et ils ne l'ont pas pris au bon moment"

Après 22 ans à la maintenance, Riad est considéré comme un ancien, il regrette les choix stratégiques de Philippe Martinez et de la direction de la CGT: "Le décor était mal planté. Quand on parle des journées de grève, il n'aurait pas fallu laisser autant d'espace entre les journées. Il y avait un virage à prendre et ils ne l'ont pas pris au bon moment".

Les irréductibles du dépôt de bus de Pantin-Flandres rallumeront le brasero demain et vendredi, et après? Sans visibilité sur la suite du conflit, ils préfèrent ne pas y penser.

Victor Joanin