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Les chômeurs responsables de leur situation? "Pas question de retravailler sauf conditions exceptionnelles"

Pour un Français sur deux, les chômeurs sont responsables de leur situation. Mais les principaux concernés assurent ne pas réussir à retrouver d'emploi à la hauteur de leurs attentes salariales notamment, face à l'inflation galopante.

Les Français de plus en plus remontés contre les chômeurs? 50% d’entre eux considèrent que les chômeurs sont responsables de leur situation. Pour une grande partie, les chômeurs ne trouvent pas d’emploi car ils ne font pas de concession et ne veulent pas risquer de perdre leur allocation chômage. Un chiffre en hausse de 7 points par rapport à 2021 selon le baromètre de la perception du chômage et de l'emploi réalisé par l’Unedic.

C'est ce que confirme Djilali, ancien cadre commercial et désormais au chômage, qui reconnaît être responsable de sa situation. "C'est une décision que j'ai prise après deux mauvaises expériences professionnelles", confesse le Bordelais dans "Les Grandes Gueules" ce vendredi sur RMC et RMC Story. "J'ai travaillé huit ans dans une entreprise, je pensais faire du bon boulot puis on n'était plus d'accord et on s'est arrêtés".

"Il y a eu le Covid-19 et ça m'arrangeait d'être au chômage puisque tout s'était arrêté. J'ai retrouvé du travail pendant 11 mois avec un patron à l'ancienne, on ne s'entendait pas donc on a fait une rupture conventionnelle. Aujourd'hui, il est hors de question que je retravaille, à moins de conditions exceptionnelles", assume Djilali.

"Il n'y a aucune reconnaissance au travail"

Aujourd'hui, il vit avec son épouse et leur petite fille avec environ 3.200 euros par mois. "J'ai perdu entre 1.000 et 2.000 euros par mois, aujourd'hui je touche 1.600 euros de chômage par mois et il me reste dix mois de chômage", explique-t-il, ajoutant ne pas chercher de travail et avoir un projet de création de société.

"Il n'y a aucune reconnaissance au travail. Et sur mes dernières fiches de paie, quand je gagnais 3.500 euros nets, mon patron payait près de 8.000 euros", déplore Djilali.

"Je n'ai jamais autant profité"

Camille est dans une situation presque similaire. Au chômage depuis mars, cette ancienne conseillère funéraire assure avoir cherché mais a levé le pied. "J'ai du mal à retrouver dans mon secteur, il y a deux grands groupes qui se tirent la bourre et je ne veux plus travailler dans de telles entités", explique-t-elle aux "Grandes Gueules". Elle profite donc de son chômage pour s'occuper de ses deux enfants avant de reprendre en janvier. "Je n'ai jamais autant profité depuis mars", reconnaît-elle.

Au chômage depuis janvier, Sébastien raconte que Pôle Emploi ne l'a pas aidé malgré une forte expérience dans la distribution, plusieurs diplômes et formations. "J'ai cherché de mon côté, je n'ai trouvé des offres d'emploi qu'à 1.300 euros alors que mon chômage est de 2.000 euros. Tout est sous-payé. Mon beau-frère est manager chez McDo, il touche 1.400 euros par mois", déplore-t-il.

Sur les 3.000 Français interrogés par l'Unedic, un tiers estime que les gens ne veulent pas travailler (33%), suivi de la tendance des entreprises à faire plus avec moins de collaborateurs (29%), le poids des charges sociales des entreprises (27%) ainsi que le trop faible contrôle des chômeurs fraudeurs (25%) et le montant des allocations versées aux chômeurs (24%).

G.D.