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Les entreprises françaises boudent le made in France: "Ce n'est pas du tout un réflexe"

Les entreprises françaises ne se soucient pas de l’origine de leurs achats. C'est ce qui ressort d'une étude menée par AgileBuyer, le cabinet de conseil en stratégie achats, et le club achats de l’école Polytechnique: seulement 15% des entreprises privées interrogées ont l’intention d’acheter français cette année. Des résultats commentés ce jeudi sur RMC par Olivier Wajnsztok, directeur associé d’AgileBuyer.

"Les priorités des départements d'achats en 2017". Tel est le nom d'une étude publiée ce mercredi par AgileBuyer, un cabinet de conseil en achat, et X-Achats, le club achats de l’école Polytechnique. Et, selon ce rapport, il s'avère que les entreprises françaises rechignent à acheter français. Plus précisément, cette enquête menée auprès d’environ 500 grandes entreprises françaises (privées et publiques) montre que seulement 15% des entreprises privées interrogées ont l’intention d’acheter français cette année. La part est de 32% pour les entreprises publiques.

"Il y a très peu d'objectif d'acheter français, confirme Olivier Wajnsztok, directeur associé d’AgileBuyer. Pire que cela, la notion même d'acheter français est un peu en dehors de leur radar. C’est-à-dire que quand vous leur posez la question de savoir quel est le pourcentage de leurs achats en France, elles ne savent pas répondre. Pourquoi ce n'est pas dans le radar? Depuis de nombreuses années, on dit qu'il faut vendre global, donc on achète global. L'intention n'est pas de ne pas acheter français, c'est que ce n'est pas du tout un réflexe".

"Pourtant la contrainte de prix n'existe pas"

"Pourtant, ce qui est étonnant, c'est que, quand on les interroge, les trois quarts des entreprises disent qu'elles n'ont pas de contraintes, d'obstacles à acheter made in France, poursuit-il. Il n'y a pas de contraintes mais il n'y a pas d'envie. Autre chose d'étonnant: la contrainte de prix n'existe pas. C'est juste que ce n'est pas habituel pour les entreprises françaises d'acheter français".

Olivier Wajnsztok indique encore que "notre étude rappelle que les entreprises publiques n'ont pas le droit d'avoir des préférences locales ou nationales, Bruxelles l'interdit. Même si, dans les faits, elles ont une petite préférence pour acheter français".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin