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Les pauses cafés ou cigarettes bientôt décomptées du temps de travail?

Le code du travail français impose 20 minutes minimum de pause par journée de plus de 6 heures.

Une grande entreprise espagnole vient d'être autorisée par la justice à faire pointer les salariés qui prennent une pause cigarette ou une pause-café. Mais est-ce une mesure qui pourrait arriver en France ? Trois fois par jour, Carole et Estelle descendent du 17e étage pour une pause cigarette. C'est donc plus de deux heures qui partent en fumée chaque semaine. Mais ce n'est pas du temps perdu, jurent-elles. "Ça nous permets d’échanger sur des sujets souvent professionnels", explique l’une d’elles. "Finalement la pause clope devient l’occasion de continuer le travail", ajoute l’autre. 

Pour ces salariés, pas question d'être davantage "fliqués", comme le dit Christophe, mais ce responsable informatique reconnaît qu'une minorité abuse.

"Ils prennent une pause clope toutes les heures. Mais bon, j’en vois au café, je descends, ils sont à la pause-café, je remonte, ils y sont toujours. Pour moi, ce n’est pas une question de fumeur ou non-fumeur", assure Christophe. 

Les salariés travaillent plus que prévus

Beaucoup d'entreprises ne contrôlent pas les temps de pause de leurs salariés tout simplement parce qu'elles n'y ont pas intérêt, explique l'avocat spécialiste en droit du travail Emmanuel Gayat.

"On ne va pas contrôler le temps qui est pris pour des petites pauses afin de ne pas avoir de ne pas avoir à décompter tout le temps de travail parce qu'on constate beaucoup de salariés font beaucoup plus d’heures que ce pourquoi ils sont payés", indique-t-il.

Pour l'avocat maître Olivier Angotti, s'il y a un excès de pause de la part d'un employé c'est d'abord le signe d'une insatisfaction au travail. "Ce n'est pas fautif de prendre une pause, cependant c'est fautif d'être dans l'abus et de ne plus faire le travail pour lequel on est payé", affirme-t-il.

L'enjeu financier est considérable pour les entreprises: selon une étude récente, 6 salariés sur 10 affirment faire des heures supplémentaires.

Victor Joanin et Nicolas Traino avec Guillaume Descours