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Les retraités ont-ils raison de se plaindre? Ça fait débat sur RMC

A l’appel de neuf syndicats, 160 manifestations de retraités sont prévues ce jeudi dans toute la France. C’est 50 de plus que lors de la précédente journée de mobilisation, le 28 septembre, qui avait rassemblé 80.000 personnes. Le point de crispation: la hausse d’1,7% de la CSG qui fait perdre du pouvoir d'achat aux retraités.

Les cheveux blancs sont à nouveau dans la rue, à l'appel de neuf syndicats. Les retraités sont vent-debout contre la hausse de 1,7 point de la CSG. Une hausse subie par tous ceux qui touchent plus de 1.200 euros de pension pour les retraités qui vivent seuls. Et plus de 1.800 euros pour ceux qui sont en couple.

Une augmentation qui paraît minime mais sur un bulletin de pension, l’équivalent de la feuille de paie pour le salarié, on passe de 6,6 points à 8,3 points de CSG. Ça fait 25% de cotisation en plus, 50 euros par mois en moyenne. Et ça, ça ne passe pas, comme a pu le constater Emmanuel Macron, interpellé hier lors d’un déplacement à Tours. "Vous nous avez vraiment pompé! On a travaillé toute notre vie", lui a lancé une retraitée.

60% des retraités concernés par la hausse de la CSG

Emmanuel Macron assume. Mais en attendant, la colère monte. Parce que la mesure vient s’ajouter à toutes celles prises ces dernières années: suppression de la demi-part des veuves, gel des pensions. Et parce que cette augmentation de la CSG concerne une majorité de retraités: 60% d’entre eux, 9 millions de personnes.

Et il faut arrêter de croire que les retraités sont tous des nantis. Un chiffre pour éviter les clichés. La pension moyenne nette en France, c’est 1.283 euros. Dans ces conditions, Pierrot, 69 ans, ne s’attendait pas, avec sa femme, à ce qu’on leur demande encore un effort: "On s'est pris une grande claque dans la figure. Moi je perds 30 euros par mois, ma femme un peu moins de 40. Ça fait 700 euros sur l'année, ça ne passe pas. C'est dégueulasse de la part d'un gouvernement comme ça".

"On aimerait bien ne pas travailler pour rien"

Le gouvernement a beau répéter que cette hausse de la CSG permet à tous les actifs de mieux gagner leur vie, ça ne suffit pas à calmer les inquiétudes du côté des retraités comme de celui des futurs retraités. Sarah a 34 ans, mère de deux enfants. Elle soutient les retraités qui se mobilisent: "On les comprend parce qu'on est inquiets pour eux, pour nous. Un jour, nous aussi on sera à la retraite et on aimerait bien ne pas travailler pour rien".

Deux mesures sont censées venir compenser cette hausse de la CSG. La suppression de la taxe d’habitation et l’augmentation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées -jusqu’à 100 euros de plus par mois-. Mais il faut attendre 2020 pour qu’elles soient totalement effectives.

Matthieu Rouault (avec P.B.)