RMC

Loi Travail: "On est en plein surréalisme, il est vraiment temps d'en finir"

Lors d'une précédente mobilisation contre la loi Travail, à Marseille le 9 mars 2016.

Lors d'une précédente mobilisation contre la loi Travail, à Marseille le 9 mars 2016. - AFP

DEBAT - 69% des Français préféreraient que ce projet de réforme du Code du travail soit retiré plutôt que de voir le pays bloqué, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Les politiques, eux, sont plus partagés sur la question.

Pour la huitième fois, ce jeudi, les opposants au projet de loi Travail battront le pavé à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-FIDL-UNL. Mais l'importante mobilisation prévue ne fait pas que des mécontents. Au contraire. Alors que la grève continue de paralyser le pays, un sondage révèle que les Français sont majoritairement contre la loi Travail. Plus précisément, d'après une enquête Elabe pour BFMTV, 7 Français sur 10 se disent favorables au retrait du texte pour éviter un blocage du pays. Blocages qui sont plutôt soutenus par l'opinion, à 48%, un chiffre rare selon les experts.

Le retrait, c'est aussi ce que demande aussi Guillaume Larrivé, député LR de l'Yonne et porte-parole des Républicains. "Je pense qu'il faut arrêter les frais, que dès aujourd'hui le gouvernement retire cette loi inutile, estime-t-il. Prendre le risque de bloquer le pays, d'empêcher les travailleurs de travailler, d'empêcher des entreprises de créer de l'activité, c'est totalement absurde surtout pour une loi El Khomri qui ne créera pas un emploi. On est en plein surréalisme et il est vraiment temps d'en finir".

"On ne discute pas avec un pistolet sur la tempe"

En coulisses, le rapporteur du texte, Christophe Sirugue, continue de négocier un nouvel aménagement de la loi Travail avec les syndicats. Le but est de ramener FO dans le "camps des réformistes" pour avoir un bloc FO + CFDT et pour isoler la CGT. De son côté, Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, est d'accord pour discuter d'un aménagement de la loi, mais sûrement pas maintenant alors que les manifestations se poursuivent.

"Je souhaite que la condition de la reprise du dialogue soit la fin des blocages parce qu'on ne discute pas avec un pistolet sur la tempe", assure-t-il sur RMC. Et d'insister: "Si la fin des blocages est constatable alors effectivement il faudra, à ce moment-là, se remettre à parler. Il n'est pas forcément de bon aloi que de considérer que nous n'avons plus rien à faire les uns avec les autres. Nous avons à nous parler, à nous comprendre mais cela ne peut pas faire sous la pression, ni des uns ni des autres".

Maxime Ricard avec Stéphanie Collié