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"On a 200.000 euros de dégâts": après des intempéries, l'assureur refuse de rembourser le jardinier

Plus de la moitié de la jardinerie de Frédéric a été détruite par des intempéries en juin dernier. Mais son assureur refuse de le rembourser. Pourtant, après une mésaventure similaire il y a quatre ans, il pensait avoir bien signé un nouveau contrat l'assurant contre ce type de risque.

Frédéric dirige une jardinerie à 60 km au nord de Bordeaux. En juin dernier, plus de la moitié de son bâtiment est détruit par les orages et la grêle qui frappent alors la France. "Toute la surface au sol était entièrement couverte de verre cassée. On voit d'ailleurs toujours des carreaux en suspens que l'on fait tomber pour sécuriser", explique-t-il à RMC.

C’est un gros coup dur pour Frédéric. D’autant que ce n’est pas la première fois. Il y a quatre ans, la grêle avait déjà détruit 60% de sa jardinerie. À l’époque, il avait contacté son assureur AXA. Mauvaise surprise: il n’était pas couvert pour les dégâts climatiques. Le chef d’entreprise avait donc sorti 50.000 euros de sa poche pour tout réparer. Et dans la foulée, il avait souscrit une nouvelle assurance multirisques pour 200 euros par mois.

200.000 euros de dégâts

C’est donc en toute confiance que cette fois-ci, il constitue son dossier d’indemnisation.

Sauf qu’Axa refuse de nouveau de l’indemniser. Après le passage d’un expert sur place, l’assureur lui explique qu’il ne sera pas pris en charge. Le motif: son bâtiment est une serre, il aurait dû prendre l’option bris de glace.

Cela pourrait prêter à sourire tant la situation est invraisemblable. Mais c’est l’avenir même de l’entreprise qui est en jeu. Frédéric est dépité, ça fait 45 ans que l’entreprise familiale est cliente d’Axa.

"Je suis très remonté vis-à-vis d'Axa. Pour une multinationale qui fait des milliards de bénéfices, je trouve que c'est abusé. Je me sens victime par le sinistre et par l'assureur. Si je ne suis pas indemnisé, ça va mettre l'entreprise en péril parce que ça coûte très cher, on a 200.000 euros de réparation. Sans geste d'Axa, je ne vois pas l'avenir d'un bon œil".

La jardinerie devrait être assurée contre ce risque

RMC a étudié son dossier. Et il n’y a aucun doute: la jardinerie de Frédéric n’est pas une serre agricole, comme le prétend l’assureur. Elle dépend d’ailleurs du registre du commerce et non de l’agriculture. Elle devrait donc être couverte.

Et c’est d'ailleurs ce qu'a confirmé à RMC l’agent général qui a vendu l’assurance à Frédéric en 2018. Et surtout, les assureurs ont une obligation de conseil envers leur client. Frédéric a expressément demandé à assurer sa jardinerie pour le risque de grêle, Axa aurait donc dû faire en sorte qu’il le soit et engage sa responsabilité en cas d’erreur.

Que répond Axa?

Nous avons eu de nombreux échanges avec la direction du groupe, par mail, par téléphone, tout le week-end. Axa a fini par reconnaître "une zone d’incompréhension dans la lecture du contrat" et propose un geste commercial dont on connaîtra le montant dans le courant de la semaine. 

Mais ça risque de ne pas être suffisant pour Frédéric qui n’a pas les 200.000 euros nécessaires aux réparations. Il craint de devoir fermer l’entreprise et licencier ses 5 salariés.

Amélie Rosique et Elise Denjean