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"On a peur d’être surveillées": pourquoi les assistantes maternelles sont en grève

Elles veulent protester contre un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui veut les obliger à s'inscrire sur une plateforme internet de la CAF pour indiquer leurs disponibilités et coordonnées, sous peine de perdre leur agrément.

Les assistantes maternelles en grève ce mardi. Elles se mobilisent contre un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, qui est soumis au vote du Sénat ce mardi.

Il prévoit que les assistantes maternelles s'inscrivent sur une plateforme internet de la CAF pour indiquer leurs disponibilités et coordonnées, sous peine de perdre leur agrément. Objectif de cette mesure, améliorer l'accès à la garde d'enfant pour les parents. Mais les nounous y voient du flicage et le risque de subir du démarchage commercial intempestif. 

La petite Eva occupe toute l'attention de Véronique. L'obligation à venir de se référencer et d'afficher ses disponibilités sur le portail web de la CAF ne plaît pas du tout à cette assistante maternelle.

"C’est une peur d’être surveillée. Ça nous fait une surcharge de travail. On est là pour s’occuper des enfants et pas pour faire tout ce qui est administratif", explique-t-elle.

Un rassemblement devant le ministère de la Santé

Les assistantes maternelles qui refuseraient le référencement pourraient perdre leur agrément ce qui offusque Véronique Delaitre secrétaire générale du Syndicat national Force ouvrière des services à la personne.

"Nous ne souhaitons pas que le salaire horaire soit sur ce fichier parce qu’on ne choisit pas une assistante maternelle en fonction de son salaire. Elle doit avoir les compétences pour s’occuper et accueillir un enfant. Il y a un ras-le-bol dans la profession parce que c’est une accumulation de soucis alors qu’elles doivent travailler en toute sérénité parce qu’elle travaille avec des enfants", explique-t-elle.

Les syndicats appellent les assistantes maternelles à se réunir demain à 10h30 devant le ministère de la Santé en signe de protestation

Anaïs Denet avec Guillaume Descours