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"On donne de l'argent aux actionnaires pour qu'ils financent des licenciements": les salariés du sous-traitant aéronautique Mecafi entre en grève ce jeudi

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Ils dénoncent un plan de départ qui prévoit la suppression de 242 postes sur 499.

Les syndicats font leur rentrée sociale. Première manifestation depuis le déconfinement ce jeudi à l'appel de plusieurs syndicats dans toute la France.

Le mot d'ordre : "l'urgence sociale". L'action qui vise notamment à dénoncer le plan de relance de l'économie française de 100 milliards d'euros "sans aucune condition ni contrepartie" demandées aux entreprises. A Chatellerault, près de Poitiers les salariés du sous-traitant aéronautique Mecafi, vont aussi entrer en grève.

Devant son usine, des banderoles aux slogans peints en rouge sont déjà là. Comme beaucoup de ses collègues Pierre à décidé de participer à ce mouvement de grève nationale.

“Il faut être solidaire les uns des autres. Que ce soit notre entreprise ou celle d’un autre, il n’y a pas de raisons qu’on se serve de nous et qu’on nous jette dehors quand il n’y a plus de travail. Je pense qu’il y a d’autres solutions avant de licencier”, indique-t-il.

Même si au fond de lui, il doute de l'efficacité du mouvement. “Je ne suis pas très confiant. J’ai un peu peur parce que je suis père de famille, j’ai une maison à payer. J’avais quitté un emploi de CDI pour venir ici parce qu’on m’avait dit que c’était une bonne entreprise, mais là, je crois qu’au mois de décembre, ça fera un an que je suis là, et en général les derniers arrivés sont les premiers partis”, regrette-t-il. 

Le plan de relance en question

La situation dans cette usine, est le reflet des problèmes nationaux pour Stéphane Le Bihan, délégué CGT. Il déplore une vague de licenciement, malgré les 100 milliards du plan de relance.

“Chez Mecafi, on n'en a pas vu la couleur. Il faut interpeller le gouvernement sur ce qu’il se passe actuellement. On donne de l’argent à des actionnaires, et à des grands donneurs d’ordre pour qu’ils financent des licenciements. C’est juste scandaleux. On va se battre pour qu’on garde nos emplois”, appuie-t-il. 

La quasi-totalité des salariés de Mécafi s'élancera à partir de 9h depuis l'usine. Une mobilisation extrêmement rare dans cette entreprise.

Maxime Levy avec Guillaume Descours